ACTE TROISIÈME 35i
moins que les autres... Et il y en a eu des millions comme ça ! A preuve que c'est l'avis du gouvernement, puisqu'au retour on ne nous donne pas des positions bien épatantes, vous savez !... Nous sommes trop, quoi ! Et puis, les places sont prises... (Après un petit temps, timidement.) Alors, justement, le plus clair résultat de mes révoltes d'autrefois c'est de venir vous demander de me pousser un peu au P.-L.-M. Vous devez avoir de l'influence. Vous avez le bras long. Je suis capable, vous savez !
LEVASSEUR
Non seulement je vous trouverai un emploi supérieur, mais la première chose que je vais faire, c'est de réparer mes torts d'autrefois envers vous. Je vais vous donner le nom que vous auriez dû porter.
Ça me gênerait dans mes relations dans le quartier... Non, non... Je suis plus modeste que ça... un bon petit emploi intelligent, où je pourrai développer mes aptitudes...
LEVASSEUR
Ce n'est pas assez ! Vous devez être traité comme un fils et au même titre que l'autre... Vous avez les mêmes droits.
PAUL
Qu'est-ce que dirait votre famille ?
LEVASSEUR
Ma famille ? Mais sachez qu'elle n'ignore rien. Ma femme et mon fils partagent mes sentiments
35a LA CHAIR HUMAINE
là-dessus. Lorsqu'ils sauront que vous êtes vivant, ils n'hésiteront pas une minute !
PAUL, avec émotion, en balbutiant.
Vrai ?... Ah ! ça c'est bien ! C'est bien, vous savez... Ce que vous êtes chic !... Je n'aurais jamais cru !
LEVASSEUR
Et tout de suite encore... Je vais leur annoncer votre résurrection. Il faut profiter de notre émotion pour régler toutes ces choses. Nous allons prendre nos déterminations. Votre mère ellemême doit être consultée et avertie. Il y a des formalités nécessaires. Vous allez me la chercher tout de suite. Au grand jour ! au grand jour 1
PAUL, prenant précipitamment sa canne et son chapeau qu'il avait posés sur le bureau en entrant.
Ma mère ?... Elle n'est pas loin... Elle est au carrefour de Buci, au café des Deux-Magots, où nous avons cassé la croûte. Elle m'attend, et avec anxiété, vous pensez... Ah ! la pauvre femme, ce qu'elle va être contente... C'est pour l'idée, et le sentiment, n'est-ce pas, plus que pour la chose elle-même... Voulez-vous que j'y coure tout de suite ?
LEVASSEUR
Comment donc ! Qu'elle soit là dans un quart d'heure exactement.
PAUL
.)»■ ne me le fais pas répéter deux fois. Ah ! je
ne peux pas vous dire... Je ne trouve pas les
... Mais plus tard... Allez, <;a viendra ! Sur
le moment, n'est-ce pas ? on a des pudeurs stu-