SCENE XII ISABELLE, GEORGES
GEORGES
Ou'csl-ce qui te prend? Mais, réponds, qu'est-ce qui
ISABELLE
)(■ lie sais pas... Je le demande pardon.
GEORGES
De ce train, tu finiras par être la cause même du malheur que tu redoutes!... Il faudrait bien savoir véritablement, ma chère amie, puisque vous imposez à cette enfant de vivre entre nous, ce que vous voulez au juste. Avant vos remèdes, il n'y avait rien à craindre, mais maintenant, il y a tout à craindre ! Si c'est ainsi que vous comptez la traiter!... Mais, au nom du ciel, quel accès t'a pris? réponds?...
ISABELLE
Je ne sais pas... un coup de folie, tu as raison, un
LENCHANTEMENT. ^»->
besoin irrésistible que j'ai eu, tout à coup, de fembrasser,un besoin de tes lèvres, juste à ce moment... Je ne m'explique pas. Ça été plus fort que moi...
Depuis deux mois, j'ai accepté la situation complète, intégrale... à tant faire, je me suis payé le bloc, y compris les bons sarcasmes dont tu m'abreuves!... Ils faisaient partie de mes prévisions et la joie de ma mathématique!... J'attendais le total qui te convaincrait, sans plus intervenir jamais... Mais, pour te rendre coupable d'actes pareils, il faut que tu aies dépassé mes prévisions et que lu me caches de bien étranges soup-
nst... Allons, voilà qui va finir!... Que vous le vouliez uu non, nous nous expliquerons cesoir, ma chère amie! Pas un mot de plus. Cet état cardiaque va cesser!
ISABELLE
Tu as rai.son de le fâcher. J'ai eu tort. Mais je vais parer, tu verras. Va me la chercher...
GEORGES
Ma parole, c'est moi maintenant qui prend le parti de lie enfant! C'est moi qui suis obligé de la défendre contre toi, et c'est moi qui commence à avoir réellement peur, maintenant!... Car je ne sais si tu vois ce que tu fais... Pour la première fois j'ai le sentiment 'un danger véritable... Où est-elle maintenant? Où l-elle?
ISABELLE
Là!... là! Ne te fâche pas si fort, mon Dieu... puis, (|ne je te dis que je vais tout réparer... Au lieu de crier, lu ferais bien mieux d'aller me la chercher.
GEORGES
Ah ! nous allons encore couler quelques heures charmantes !... [Il sort en criant .) Jcannine ! {Mais Jeannine ne devait pas être loin, peut-être même derrière la porte, car Isabelle a le temps, à peine, de se précipiter au balcon que
Georges rentre, poussant In petite devant lui. — Bas à Jeannine.) J'en ai assez de cette existence. Il faut qu'elle cesse.
ISABELLE se retourne.
Ah ! le voilà !
(ZsV/c fait un signe suppliant à Georges, pour qu'il les laisse seules. Jeannine attend, droite. Georges sort.)