SCÈNE PREMIÈRE
GEORGES estassisàson bureau et écrit, puis JEANNINE. [On frappe à la porte de droite.)
GEORGES
Entrez!
JEANNINE, entrant.
Bonjour! C'est moi!... Ça vous embête, hein? de me voir ici? Mais rassurez-vous. Je ne viens pas pour moi, je viens pour mon appareil photographique. Voulezvous être assez aimable pour me changer mes plaques? Mes douze sont faites.
GEORGES, de son bureau.
Posez ca là... Je finis cette page... Dans un quart d'heure je passerai au cabinet noir.
JEANNINE
11 y en a une, une instantanée où vous serez très bien.
GEORGES, continuant à écrire.
Qui... moi?
JEANNINE
Vous savez bien que je ne fais que vous, C'est ma spécialité. Je vous ai pris tout à l'heure quand vous
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descendiez de bicyclette. Je vous ai bien attrapé au moment ou vous sautiez en arrière. Vous devez avoir les deux jambes en l'air et la tête sur la selle... Ce doit être charmant.
GEORGES
Tout à fait réussi.
JEANNINE
Vous aviez une tête! Les cheveux vous dégoulinaient tout le long de la figure!...
GEORGES
Exquis tableau.
Ne vous inquiétez pas. Si vous me plaisez comme ça! {^Genrgex se remet à écrire. Jeannine s'installe sur une cfiaise, les mains sur les genoux, les yeux au plafond. Silence.) Un ange passe. {Silence.) Hum! (Silence.) Hum! Hum! [Silence.) Mais je cause, je cause, je ferais peut-être bien de m'en aller. Vous allez vous faire attraper.
GEORGES
Jeannine, j'ai des choses sérieuses à vous dire.
JEANNINE
Mettez-moi à la porte, je vous prie... Je serais désolée si vous aviez des ennuis à cause de moi, vous comprenez.
GEORGES
Je suis tout à fait résolu à éviter désormais ces rencontres k deux... que vous entretenez... surtout du genre des dernières! Cela ne peut nous mener à rien de bon. Vous m'avez tendu un piège l'autre jour,
JEANNINE
Oh! un piège!
GEORGES
Vous m'avez dit que vous aviez des choses très importantes à me révéler, que vous ne pouviez pas me les confier devant votre sœur, et ce n'était pas vrai. Vous n'aviez rien d'important du tout.
JEANNINE
Pour VOUS.
Et j'ai été obligé de mentir à votre sœur. Je n'aime pas beaucoup ça !
JEANNINE
Puisqu'il paraît que vous lui dites tout, vous n'avez qu'à le lui dire.
GEORGES
Reprochez- le-moi donc.
JEANNINE
Non, c'est vrai, je vous remercie.
GEORGES
Mais je neveux pas que pareille chose se renouvelle. Ça nous crée des airs de confidence que je réprouve. Vous savez quelles sont nos conventions à tous les trois? Très sérieusement, j'ai à vous gronder. C'est comme cette histoire de paillier l'autre soir... quand nous sommes allés nous étendre tous les trois après dîner... Isabelle peut très bien nous avoir vus. J'étais 1res embarrassé.
JEANNINE, riant.
Je le sais bien.
GEORGES
Oui Mors, si c'est un jeu, il est temps d'enrayer.