ACTE PREMIER
LIGNIÈRES, avec un sourire indéfinissable.
Je ne déteste pas... Cela fait un agréable mélange avec l'odeur de la maison.
RICHARD
Comment l'odeur de la maison?... Elle a dono une odeur particulière ma maison?
LIGMÈRES
Jeté crois! On la renifle de la rue quelquefois, quand les fenêtres sont ouvertes... un parfum trop fort, qui sent jusque dans l'escalier... C'est pénétrant... ça envaliit tout... Tu y es habitué, tu ne le sens plus, toi... mais pour ceux qui arrivent, c'est exquis.
RICHARD
Le parfum de maman... Du Chypre, de l'œillet blanc et du foin coupé, je crois.
UGNIÈRES, reniflant.
On dirait qu'il y a autre chose aussi... je ne sais pas quoi... c'est un parfum porté, volatilisé, depuis des années, dans les chambres... Tiens, sens ce coussin.
(Il prend un ccussin et le met scus le nez de Richard.)
RICHARD
C'est embêtant, pour des gens d'affaires.
UGNIÈRES
Il en est de ta maison comme des femmes, dans la rue, trop parfumées.
RICHARD
On les fuit?
LIGNIÈRES, doucement.
Mais on y songe.
PAULOT, rentrant un livre à la main»
Tiens voilà.
LOUIS
Lis toi-même, j'ai confiance... mais ne triche pas.
PAULOT, lisant.
a Ces oiseaux vivent des fleurs de là-bas, de leurs sucs brûlants et acres, en réalité de poisons qui semblent leur donner leur âpre cri et l'éternelle agitation de leurs mouvements colériques, et aussi ces reflets étranges... or, acier, pierres précieuses. La vie chez cette flamme ailée, est si brûlante, si intense, qu'elle brave tous les poisons... Tête basse, il plonge du poignard de son bec au fond d'une fleur, puis d'une autre, en tirant les sucs... parfois emporté de furie, contre qui ? contre une fleur déjà dévastée à qui il ne pardonne pas de ne pas l'avoir attendu... »
LOUIS
Bigre! Il en a une santé cet oiseau-là!... Enfin» tiens, voilà vingt sous, mais il faut que je vérifie... je sens que tu as triché.
(A ce moment^ la sonnerie du téléphone.) RICHARD, décrochant V appareil.
Allô... allô... Vous demandez! Ah? pour un renseignement... alors téléphonez à notre siège ©en-