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ACTE PREMIER

RICHARD, à mi^oixj passint à droite avec Madeleine Chadeauz qui oa s'appuyer au piano^ en tripotaillant des fleurs.

Vous habituez-vous un peu à la maison, Madeleine ?

MADELEINE

Votre milieu m'effraye énormément.

Pourquoi?

MADELEINE

Je ne sais... je suis mal à l'aise... J'ai été élevée bourgeoisement .. Tenez, cette femme qui rit si

fort... [Elle montre Colette dans un coin avec Louis Sou-

brian.) son rire m'inquiète, me trouble, vous n'avez pas idée 1

RICHARD

La petite de Villedieu?,.. Elle n'est pas terrible.

MADELEINE

J'ai besoin d'être rassurée.

RICHARD

N'ayez pas peur; je suis là... Alors si popotte? .. Tant mieux. Je voudrais une femme très popotte.

MADELEINE

Ohl bien! moi...

RICHARD

Vous ferez des confitures à votre mari?

MADELEINE

S'il me les demande.

RICHARD

Il vous les demandert... entendu Nous avons des goût trèo pcreils, c'est attendrissant.

MADELEINE

C'est ennuyeux.

RICHARD

Pourquoi?

MADELEINE

Parce que si nous nous apercevons que nous sommes faits l'un pour l'autre et si nous en restons là, ce sera pour éprouver des regrets considérables.

RICHARD

Allons doncl je connais une personne qui était tout à fait persuadée que j'étais indispensable à son bonheur à venir... Eh bien, maintenant, elle est très heureuse avec un monsieur très différent.

MADELEINE

Il est peut-être mieux que vous...

RICHARD

Il est très bien. C'est un juge suppléant au parquet de Limoux; ainsi, vous voyez 1

MADELEINE

Merci, au moins vous êtes encourageant.

MADAME CHADEAUX, qui est descendue,

Madeleine ?

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