‹ Théâtre completChapitre 130 sur 225 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RICHARD

Quand je venais juste de lui acheter un bijou de cent louis. Je l'ai dans ma poche.

IRÈNE

C'est ce qui s'appelle du flair...

RICHARD, sortant^ penaud^ Vécrin de sa poche.

Le voilà! Que vais-je en faire maintenant?

IRÈNE, riant.

Tu le mettras dans la corbeille de mariage de ta fiancée; ce sera ton premier cadeau.

RICHARD

C'est une idée... mais je ne peux pas. J'ai fait inscrire des dates... oui, des dates qui... enfin...

Des dates? Fais voir... {Elle inspecte le bijou.)

l^juin 1903-15 mai 1904... On dirait un règne.... 15 mai? Ah! bon! je comprends... L'abdication!... Mon pauvre ami ! tu t'étais trop avancé.

RICHARD

Te fiche pas de moi! Ahl la grue!

IRÈNE

Voilà déjà trois fois que tu le constates ; tu aurais pu le faire plus tôt.

RICHARD

Elle ignore à quoi elle s'expose. La réponse ne va pas se faire attendre... Dès ce soir...

IRÈNE

Fais attention; on t'épie.

RICHARD

Je vais prendre conseil de Soubrian et de Lignières. Ils vont ra'aider 1

IRÈNE

Et n'agis pas à la légère. Pour l'instant, je te prie de faire attention. Qu'on ne t'entende pas! Rien n'est grave là-dedans, seulement Chadeaux mère semble un peu... bégueule... au point même de me taper sur les nerfs et je te conseille d'étouffer le son de votre voix.

Nous allons délibérer à côté.

IRÈNE

Ferme la porte surtout.

RICHARD, appelant ses amis.

Lignières... Soubrian...

(Richard leur dit un mot à voix basse et les entraîne dans le grand salon,)

COLETTE

Quoi? quoi?... Ils nous plaquent encore?... Délicieux jeunes gens I

(La porte se referme.)

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