ACTE PREMIER
IRÈNE
Moi? pas du tout.
COLETTE, iuiçant ses yeux.
Que regardes-tu derrière, tout le temps? {Elle se retourne à son tour.) Oh! en effet, voyez!...
LA MARQUISE
Quoi ?... Oh! oui, cette ombre chinoise!... On ferait ça en peinture, on ne le croirait pas.
(L'ombre se dessine, en effet, nettement, en un profil qui bouge de temps en temps, s'efface eu se précise.)
IRÈNE
C'est le grand lustre. Comme il éclaire beaucoup, cela fait, quand on passe devant, une vraie projection sur les vitraux Tiffany. comme sur une vitre dépolie.
COLETTE
Surtout que celui qui s'appuie est tout contre... Il fume son cigare...
MADELEINE
Qui est-ce? Ce n'est pas M. Richard, ni M. Soubrian; il a le nez plus long, M. Soubrian.
IRÈNE
Je crois que c'est Georges de Chambry, l'ami intime de mes enfants; il devait venir rejoindre ses camarades et sera entré directement au salon.
MADAME CHADEAUX
Ah! le petit Georget...
IRÈNE
Vous l'avez déjà vu ici, je crois...
MADAME CHADEAUX
Oui... oui... un gentil garçon... Et d'excellente famille, n'est-ce pas?
IRÈNE
Oui... trè8~cliic. Sa mère est une Dangreville.
COLETTE
On prendrait un crayon, on le dessinerait de profil admirablement...
IRÈNE
Attendez, je vais cogner à la vitre.
[Irène s'approche des çitrauc et toqus aV2c le doigt, ) MADELEINE
Ah ! il s'est retourné !
(La porte s'entr'ouvre, un jeune homme passe la tête. C'est Gsorges de Chambry.)
GEORGET Quoi? Qu'est-ce que t'Qt>i'i... {Apercevant Irène.)
Bonjour, madame. {Puis les autres.) Oh 1 mesdames I
LA MARQUISE
Entrez donc, vicomte!