ACTE DEUXIEME
Qu'il te suffise de savoir, quelle que soit sa faute, qu'elle est grave, très grave. Il nous a trahis de la plus odieuse façon.
PAU LOT
Mais dis quoi?... Un abus de confiance? un... vol, peut-être?... des documents de la maison?... Quoi?... des tripotages d'argent?... dis?...
RICHARD
N'importe!... la question n'est pas là.
PAU LOT
Mais nous y sommes mêlés?
RICHARD
De très près.
Papa sait?
PAU LOT
RICHARD
Non. Et il importe qu'il ne sache pas. Ta parole que tout ce que nous disons restera secret pour lui, pour maman et pour qui que ce soit d ailleurs.
PAU LOT
C'est juré.
RICHARD
Merci, vieux. Je sais qu'on peut déjà se confier à toi comme à un homme. Du feu? {Paulot tend une attire allumette à Richard.) Merci.
[Richard est assis auprès de la table. Il balance lentement sa jambe croisée et envoie de longu:s bouffées au plafond.
PAU LOT
Père doit ignorer, dis-tu?
RICHARD
Il faut à tout prix lui éviter cette émotion, et les conséquences en seraient trop graves. De plus, la chose doit, tu entends? doit être réglée de lui à moi. Si je me confie à toi, petit, cest que j'ai besoin d'un confident. Ce me serait dur de garder pour moi seul, sans un témoin, la responsabilité de ce qui va se passer. On est des amis, pas vrai?... et puis aussi, on est des frères. Ça ne s'oublie pas dans les moments graves. Et on ne sait jamais ce qui peut arriver.
PAU LOT, les yeux dans les yeux.
A ce point-là?
RICHARD , hochant la tête.
A ce point-là.
{Silence. On çoit que Paulot réfléchit; puis il baisseles yeux.)
PAULOT, sur ses cahiers^ simplement. Bien.
RICHARD, se balançant toujours^ tout en agitant nerçeusement sa cigarette.
Voilà.
PAULOT
Bien.
RICHARD, après un silence.
Je t'affirme, Paulot, que tu peux t'en rappor-