ACTE DEUXIEME
1er absolument à moi. J'ai dit le mot : un misérable.
PAULOT
Tu 88 certain de ne pas te tromper?
RICHARD
Oh! j'ai attendu .. Il y a deux mois, je n'avais que des doutes sur sa conduite. La première chose inquiétante me fut révélée le jour même où j'ai rompu avec Nichette... Il s'en est aperçu... Et les semaines qui suivirent, je ne pus pas le pincer... Il se méfiait... J'espérai alors m'être trompé, et dès lors j'ai été occupé par mes formalités de fiançailles avec Madeleine... Il m'a fallu aussi vérifier les affaires de M"^® Chadeaux qui n'étaient pas en ordre, puis c'est moi qui suis venu choisir et louer cette villa... tu te souviens? Ce fut long à trouver, puisque maman ne voulait pas une villa avec l'air direct de la mer; bref, je n'ai pas pu surveiller les agissements de Georget. Ce n'est qu'il y a trois semaines juste... (// réfléchit.) oui, juste... deux ou trois jours à peine avant notre départ de Paris et notre installation ici, que j'ai acquis la certitude absolue que je redoutais... Alors, comme il était convenu que Georget devait aller passer l'été à Deauville, j'étais sûr que l'on se verrait tous les deux jours au. moins : j'ai attendu... J'ai calmé mon émotion, j'ai supporté mon dégoût. Maintenant j'estime que cela a assez duré... Tout le monde ici est tranquille, bien installé; père tire les oiseaux de mer... il va tous les jours à cheval prendre son bain... J'ai donc bien
^mes journées à moi, toutes à moi. Nosajîaires très en ordre, peuvent dormir jusqu'en octobre; Madeleine est en Auvergne avec sa mère et nous ne nous verrons qu'en novembre, juste pour le mariage... Tu vois que tout est pesé, que je n'agis pas à la légère et que j'ai choisi mon moment pour intervenir. (// se lève.) Mais, par exemple, j'ai hâte maintenant, ahî oui, j'ai hâte d'effacer sur sa figure ce vilain souvenir 1... Chasser le bonhomme de chez nous, ce n'est pas suffisant; je lui donnerais le moyen de profiter ailleurs de sa faute, et plus à l'aise... Non, un bon coup d'épée, voilà la seule signature qu'il faille au bas de cette histoire et qui servira en même temps, pour la galerie, de prétexte à ne plus jamais nous revoir.
PAULOT
Alors, explique-moi bien mon rôle, veux-tu, que je ne commette pas de gaffe.
RICHARD
Je vais procéder ainsi : après l'explication que nous allons avoir, nous prendrons un prétexte banal... Par la suite, quoi qu'il advienne, tu ne nous démentiras jamais.
PAULOT
Compris.
Je te tiendrai au courant de ce que nous aurons décidé, au fur et à mesure. Je te donnerai aussi en dépôt, — pour quelques heures seulement, rassure-toi, — deux ou trois lettres. On ne sait