ACTE DEUXIÈME
IRÈNE
Eh bien alors, par égard pour nous tous, je te prie désormais de mieux recevoir tes amis.
RICHARD, se contenant.
C'est à moi que tu parles de la sorte ?
IRÈNE
A qui voudrais-tu que ce soit ? Simple remontrance domestique dont je te prie de tenir compte, voilà tout.
RICHARD, avalant sa rage^ les yeux ardents^ et un petit rire nerveux aux lèvres.
Tu exagères, je crois...
IRÈNE
Du tout.
RICHARD
Si, si, tu es très nerveuse depuis quelque temps; le premier air de la campagne te met trop de joie en tête... C'est ton excuse. Et pour que tu en arrives à me parler sur ce ton, c'est que tu as perdu évidemment la notion des choses... tu te grises... tu ne vois plus...
IRÈNE, sévèrement.
Richard, veux-tu parler plus poliment à ta mère, s'il te plaît!...
RICHARD
Si, si, tu perds pied.
IRÈNE
Richard, assez I... Tu es encore à l'âge de l'ohéissance, et je te le montrerai... PuisL.. {Elle hausse les épaules.) je vais mettre mon chapeau... J'inviterai probablement à dîner notre ami, et j'espère que tu tiendras compte de mon observation. {Elle se dirige vers la porte de gauche.)
RICHARD
Maman!. .
Quoi?...
(Richard la regarde fixement^ les lèi>res tremblantes^ puis soudain^ très calmCy très doucement ^ mais avec une voix ferme.)
RICHARD
Je te prie, tu entends?... je te prie de ne pas aller aux Granges.
IRÈNE* swsautant.
Aux Granges!... Que veux-tu dire ? Qu'est-ce que c'est que ça, les Granges?
RICHARD
C'est une petite maison à droite, sur le chemin de la Touque, où tu vas tous les jours, et où Georget se dirige en ce moment. |
IRÈNE, balbutiant^ décontenancée.
Qu'est-ce que tu veux insinuer ? Peut-être, en «ffet, oui, suis-je allée par hasard...