ACTE DEUXIEME
RICHARD, V interrompant.
Maman... comprends-moi... Tu n'iras pas... tu n'iras plus jjmeis aux Granges...
IRÈNE
Je...
{Elle le regarde^ effarée; elle suffoque. Elle essaie de parler; devant le regard de son fUs^ elle ne peut pas. Elle tombe sur une chaise contre la table^ la tête dans ses coudes.)
RICHARD, émotionnel cherchant ses mots.
Je n'ai pas à te juger... Un fils ne juge pts sa mère. Rien de ta vie ne me regarde... J'ai voulu seulement t'avertir... Je ne t'aurais, je crois, jamais rien dit... mais vraiment, l'affront que tu viens de me faire... ah l c'était trop! Il faudrait être de marbre ! 11 y a près d'un mois que je garde seul ce secret... Il ne sortira pas d'entre nous, je te le jure... Tu peux être tranquille, mon père ne s'en doutera jamais... Il faut qu'il ne sVt^ 'i^nte jamais.
IRÈNE
Ah ! mon pauvre Richard ! mon pauvre enfant !
{Elle pleure maintenant^ la tête enfouie: on n'entend que ses sanglots dans le silence.)
RICHARD
Je n'ai pas autre chose à te dire... voilà. (// se dirige vers la porte.)
IRÈNE
Pourquoi t'en aller, Richard ? A quoi bon ? Ah! maintenant!... Puisque c'est à toi et non à ton père que le sort a réservé le terrible chocpourquoi hypocritement nous éviter, nous fuir, sans une parole échangée ?... Ce serait trop affreux. A mon fils je dois l'explication, si possible, de ma conduite.
RICHARD, secouant la tête.
Non!
IRÈNE
Ah ! folle que j'étais, en effet!... folle qui ne voyais pas les regards de son fils, folle qui no croyais même que cette chose fût possible !... Richard! écoute... tu vas te marier bientôt... tu vas nous quitter... voici que la vie commence pour toi... Le passé que tu laisses derrière, qu'il ne scit pas trop gâté dans ta mémoire... Garde-moi ton souvenir pareil... Ne juge pas trop mal ta mère.
RICHARD
Je répète que je n'ai pas à te juger... J'adore mon père infiniment... je le vénère... mais je sais que, dans une certaine mesure, il n'a pas toujours été bon... attentif... il t'a délaissée... Il a eu des maîtresses... Et sans doute cela est-il suffisant pour expliquer...
IRÈNE, l'interrompant.
Non, je n'ai pas besoin d'excuse. Une jeune fille peut être abusée, une femme ne l'est pas... Seu-