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ACTE TROISIEME

IRÈNE, sans détacher ses bras dû cou de Georget.

Par exemple!... c'est un souvenir d'esclavage ! Prendre garde, à quoi ? Laisse-moi savourer en paix les pri\'ilèges de mon déshonneur.

{Elle reste enlacée devant le domestique.) GEORGET

Qu'est-ce que c'est?

LE DOMESTIQUE

Un livre que M^ Deacon envoie à monsieur.

Ah! au fait!... {A Irène.) Oh! rien... un roman dont elle me parlait hier et qu'elle avait promis de me prêter. C'est sans aucune importance... Pourquoi t'en vas-tu?

IRÈNE

Moi? je ne m'en vais pas...

GEORGET

Si, pour une raison ou pour une autre, tu trouves qu'on se voit trop...

IRÈNE

Mais tu es fou, chéri !

GEORGET

Non, non, tu as tiqué quand on a apporté le livre.

IRÈNE

Je n'ai pas tiqué du tout. Tu te trompes mon chou... Que veux-tu que ça me fasse? Je la trouve

charmante, notre voisine,., très distinguée... un peu snob, mais charmante.

GEORGET

Oui, un peu snob... Il faut penser qu'elle est cousine par alliance du président des Etats-Unis. Elle croit que cela lui crée des titres au respect des mufles.

IRÈNE

Je ne l'aurais pas reçue chez moi !... Il est vrai qu'elle n'en sait rien !...La chose, précisément, que je trouve étrange, c'est que des gens aussi bien élevés qu'elle et sa mère, mettent tant d'insistance à frayer avec nous. Enfin, elles ne peuvent pas se faire d'illusion, franchement, sur notre situation irrégulière?... S'il est une union qui ne laisse pas flotter de doutes, c'est la nôtre... Alors?

GEORGET

Oh Iles Américains, tu sais... En pays étranger, ils ferment les yeux devant nos mœurs de sauvages...

IRÈNE

Les jeunes filles ne ferment jamais les yeux dans aucun pays, mon cher; excepté quand elles sont en quête d'un mari et d'un titre... Un parti pour toi, tiens!

GEORGET

Méchante! je n'aime pas ce genre de plaisanteries de mauvais goût.

IRÈNE

Je m'amuse. Tu peux voir miss Deacon tant

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