ACTE QUATRIÈME
de l'épouse pure et chaste, de Tamour unique, fidèle au foyer domestique . On ne porte pas en vain le poids de tant de siècles catholiques. Sans doute, c'est étroit, égoïste, mesquin... mais que veux-tu? J'envie ceux qui sauront un jour se libérer de cette conception et s'affranchir de ce passé. Oui, je pressens une plus mâle et plus juste sagesse qui diminuera à 'autant la somme des doideurs courantes, mais nous, on a trop d'attaches... On voudi*ait, on ne peut pas! Nous sommes ceux qui auront côtoyé une espérance, sans avoir eu la force dp la saisirA^oilà... maintenant que je t'ai tout pYi.lirTiié, je le laisse à ta mère.
RICHARD
Alors?
RYSBERGUE
Alors, je désire qu'on m'en parie le moins possible. Rends-la heureuse, Richard. Sois bon pour elle... Je ne puis pas dire autre chose... sois bon, mais moi... vaut mieux pas... As-tu un cigare ?
RICHARD
Là, sur la table.
RYSBERGUE
Où as-tu acheté cette boîte? Ils ne sont pas trop motis, j'ai déjà remarqué. Où les prends-tu?
RICHARD
Toujours au bureau de la rue Tronchet.
J'y passerai {H aspire une bouffée.) Voilà... Alors je vais aller tout seul au Comptoir"international.
RICHARD, vivement^ empressé.
Mais, père, je t'accompagne.
RYSBERGUE
Non, non, ce n'est pas la peine. Reste ici, tu as à faire. Je t'avais donné rendez-vous parce que je passais sous tes fenêtres; autrement!... Qu'estce que tu fais ce soir?... Ahl c'est juste, tu ne sortiras peut-être pas.
RICHARD
Mais si... Veux-tu que nous allions quelque part ?
RYSBERGUE
Non... mais nous aurions pu faire une partie au cercle... ou im billard... Je n'ai plus la main depuis quelque temps.
RICHARD
Entendu... avec plaisir.
RYSBERGUE
C'est ça... si tu n'as rien de mieux à faire, passe me prendre. Bonsoir.
RICHARD, encore une fois timidement.
Tu ne veux même pas la voir?
RYSBERGUE
Non, non, ne parlons plus jamais de ces