ACTE TROISIEME
QUELQUES FEMMES, se soulevant à peine.
La voilà!
LE GARDIEN
Tiens, prends ça, c'est une dame qui te l'envoie.
LA MASLOWA, se levant.
Quelle dame?
LE GARDIEN, Usant.
Madame Kalaïew.
LA MASLOWA
Oh! qu'elle est gentille ! (lu r /emmes.) Madame Kataîew, c'est mon ancienne patronne.. Elle était ! bonn3 pour toutes ces demoiselles! ..
LE GARDIEN
Voilà, il y a deux roubles cinquante kopecks et une boîte de cigarettes.
LA MASLOWA, empoignant le paquet.
Ah! enfin, je vais pouvoir boire et fumer!
LE GARDIEN
Allons, tu vas t'en payer, hein?
(Il sort.) LA BEAUTÉ
Tu vas nous en offrir, j'espère?
LA MASLOWA
Je crois bien !
(Elles se rapprochent de la Maslowa.)
LA BOSSUE, regardant la gravure du paquet de cigarettes.
C'est un joli paquet... il y a une dame rose avec un haut chignon et des jarretières noires.
LA FEMME, à Venfant.
Donne-moi l'image pour le petit... Tiens, mon chou.
LA MASLOWA
Qui est-ce qui a du feu?
LA BEAUTÉ, à la bossue.
Allume la mèche à l'icône.
LA VIEILLE
Moi j'iime mieux la chiquer.
LA MASLOWA, aspirant une bouffée avec volupté.
Ah! Dieu que c'est bon!... ça me manquait. {S' animant.) Elle était gentille madame Kataïew! Elle nous fournissait des chemises de soie, des roses, des bleues, comme il n'y en avait pas ailleurs.
LA VIEILLE
Eh bien et les cinquante kopeks? Tu vas les étrenner, j'espère. Tu vas payer à boire. On va te présenter à la Korablewa... C'est la vieille qui coud là-bas à la fenêtre... tu voisPcelle qui n'a plus que quatre poils roux sur la tête et dix-huit mi le sur chaque verrue. C'est la doyenne de la prison, c'est elle qui a le droit de vendre de l'eau-de-vie.
LA MASLOWA, fumant.
Qu'«st-ce qu'elle a fait, elle?