ACTE CINQUIÈME
elle... Moi, je ne me considère plus comme libre, mais elie, elle a toujours ^a liberté.
(Il jette sa cigarette.)
SIMOHiSOK
Catherine m'a dit qu'elle ne voulait pas de vous... Je sais que sa résolution sur ce point est inébranlable.
NEKLUDOFP, sèchement.
Mais alors à quoi rime cette conversation, mon cher, elle est absolument inutile. Gessons-là. (H fait un mcuvement peur s'en aller.)
SIMONSOIï, la voix dmre et nMe et en le regardant.
Non, parce qu 1 faut, vous entendez bien, il faut que vous reconnaissiez aussi que vous renoncez à vous occuper d'elle, jamais.
NEKLUDOPF, mf>€C un iutu'^le-corps.
Vous dites? {fus U se reprend et après un silence^ très calnie.) Mais ©omment pourrais- je reconnaître que je ne dois pas faire oe que j'estime mon devoir?... La seule chose qne je puisse lui dire, c'est ce que je viens de vous dire à vous-même : c'est que je ne suis pa« libre et <ju'ell€ l'est entièrement, pleinement, vis-à-vis de moi... Allez la chercher, je le lui répéterai sur le champ.
SIMONSON
Bien... Je vous demande pardon de m'exprimer ainsi, mais nous ne sommes pas de même espèce... Et puis, j'ai toujours été un peu loup de neige.
moi... seulement, quoique de race ennemie l'un et l'autre, je tiens à vous dire encore ceci : je ne vous hais pas.||
NEKLUDOFP, souriant avec hauteur.
Je VOUS remercie... vous êtes bien aimable.
SIMONSON, simplement.
Non, je ne vous hais pas... Au fond, malgré moi, j estime ce que vous faites... C'est peut-être tout ce que les gens comme vous peuvent faire sur la terre!... Quant à Catherine {Mouvement de Nekîudoff.) si, si... il faut que vous sachiez... ne croyez pas que je sois amoureux d'elle... Je l'aime, voyez-vous, comme j'aimerais ime sœur, une amie qui aurait beaucoup souffert, et que je voudrais consoler; je ne désire rien d'elle, rien que pouvoir lui venir en aide, adoucir sa vie... Si elle consent, et si elle n'obtenait pas sa grâce, je demanderais à être envoyé dans la ville où elle finirait sa peine... oh 1 ceser.i vite passi l...je vivrai près d'elle et peutêtre parviendrai -je à lui rendre la vie moins dure, à lui donner un peu de repos... j'essaierai... {il s'essuie les yeut.) Je VOUS demande pardon... il y a vingt ans que je n'ai pas pleuré.
(Un silence.) NEKLUDOFP, après avoir réfléchi.
Que puis-je vous dire?... Je suis heureux qu'elle ait trouvé un défenseur tel que vous.