‹ Théâtre Complet IIChapitre 119 sur 203 · ACTE PREMIER - SCENE XIV OR NIE ST · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER - SCENE XIV OR NIE ST

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LUCIENNE, se levant. — Mon Dieu, monsieur, vous savez, moi...

SOLDIGNAC. — Oui, et alors je divorce.

VATELIN, se levant. — Comment, vous voulez divorcer?

SOLDIGNAC. — Oh! oui... je serai trés content. Elle m’embéte, ma femme... Elle a toujours un tempérament ; ca me dérange pour mes affaires. Alors je viens vous voir comme avoué pour vous prépariez tout de suite toutes les piéces pour le divorce.

VATELIN. — Moi!

SOLDIGNAC, allant prendre son chapeau au fond. — Oui, parce que souls trés pressé.

VATELIN. — Mais ¢a n’est pas mon affaire, ...comment voulezvous, ...c’est a Londres que vous devez...

SOLDIGNAC. — Pourquoi 4 Londres? Je souis pas de Londres!

VATELIN. — Ah!

SOLDIGNAC. — No, je souis de Marseille!

VATELIN ET LUCIENNE. — Vous|...

SOLDIGNAC. — Oui, Narcisse Soldignac, de Marseille, seulement jai été élevé toute petite en. Angleterre, od j’ai toujours vécu pour mes affaires, et ou je me suis marié, mais devant le Consulat francais, par conséquent vous pouvez préparer les piéces.

VATELIN. — Ah! alors il faut que...

SOLDIGNAC. — Evidemment, puisque je souis Frangais.

VATELIN. — Oui, oui, oui... (A part.) Moi... cest moi qui... Ah, ca! c’est le comble!... k SOLDIGNAC. — C’est convenu?... je vous demande pardon parce

que je souis pressé.

VATELIN, @ part. — Ah! et puis, aprés tout, qu’est-ce que je risque. (Haut,) Eh! bien, c’est entendu, seulement tout cela est soumis 4 une condition essentielle, c’est que vous surpreniez votre femme et son complice!

SOLDIGNAC. — Naturellement! mais puisque je les pince ce soir, 48, rue Roquepaine.

VATELIN, @ part. — Oui, pas si béte que tu nous y trouves!

SOLDIGNAC. — Et quant au monsieur, quand je l’aurai entre les mains je me réserve pour mon plaisir de lui donner une petite legon de boxe.

VATELIN. — Ah! vous étes fort a... ‘ Sees SOLDIGNAC. — Moi? trés fort!... Ma femme aussi, c’est moi qui loui ai appris!... Une fois je me souis battu avec le premier champion de

Londres, ah! je loui ai flanqué une de ces tatouilles, comme nous disons en Provence. Il a recu un tel coup de poing qu’il en a traversé la Manche. LUCIENNE. — Oh! oh! oh!

SOLDIGNAC. — Je vous assure, ...le soir méme par le premier paquebot.

VATELIN. — Ah! bon!

LUCIENNE. — C’est que vous avez une facon d’accommoder vos récits a la Provengale. ne Re ; for

SOLDIGNAC. — Que voulez-vous, si j’ai pris le flegme anglais... )’ai

tout de méme la nature de mon pays... (Avec un peu de lyrisme.) Méme & travers mon brouillard de Londres, on retrouve un rayon de soleil du Midi.

LUCIENNE. — Oh! mais vous étes poete.

SOLDIGNAC, changeant de ton. — No, jai pas le temps, Je souls pressé... business is business comme nous disons 4 Londres. Au revoir..

et quant au monsieur cet soir... (faisant un geste de boxe.) Voila}... Di gou li gue vengue, mon bon! comme nous disons 4 Marseille, ...Au revoir!

Il remonte et se cogne dans Pontagnac qui entre.

PONTAGNAC. — Oh! pardon!

SOLDIGNAC. — Oui, bonjour monsieur... je souis pressé.

VATELIN. — Pontagnac, il arrive bien... (A Lucienne.) Veux-tu accompagner Mr. Soldignac, j’ai un mot a dire 4 Pontagnac.

LUCIENNE, sortant a la suite de Soldignac. — Parfaitement.

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