ACTE TROISIEME’-SCENE X
REDILLON, gui tourne le dos pour cacher son émotion, ne pouvant plus résister et des larmes dans la voix. — Je vous aime bien tous les deux!
VATELIN, lui serrant la main ainsi que Lucienne. — Brave amil... (Ils s’embrassent tous les trois. A Lucienne.) Ah! il a été bien bon, va!
Rédillon et Lucienne gagnent la droite.
LE COMMISSAIRE, descendant. — Le procés-verbal est terminé, si vous voulez en prendre connaissance.
VATELIN. — Le procés-verbal! I] n’y en a plus de procés-verbal! Il n’a plus de raison d’étre, le procés-verbal! (Passant a Lucienne.) Nous le déchirons le procés-verbal!...
LE COMMISSAIRE. — Hein?
VATELIN. — Allons! Monsieur le Commissaire, allons déchirer le
procés-verbal!...
Il Ventraine au fond.
LE COMMISSAIRE. — Mais qui est-ce qui m’a donné des girouettes pareilles?
REDILLON, seul en scéne avec Lucienne. — Eh bien!
LUCIENNE. — Eh bien?
REDILLON. — C’est remis!
LUCIENNE. — C’est remis!
REDILLON, souriant. — Et moi, alors, cest fini?
LUCIENNE. — C’est fini... dame! vous savez ce qu’a dit la somnambule : je dois avoir deux aventures dans ma vie, la premiére est passée, la seconde a cinquante-huit ans. Si ca vous tente?
REDILLON. — Hum! 4 cinquante-huit ans!
LUCIENNE. — Eh bien! dites donc!
REDILLON. — Oh! ce n’est pas pour vous, vous serez toujours charmante, mais c’est pour moi, je serai bien fatigué.
LUCIENNE, gentiment moqueuse. — Toujours, alors!
VATELIN, vedescendant suivi de Pontagnac. — Voila c’est réglé! Quant a vous, Pontagnac, je devrais vous en vouloir, mais je n’ai pas de rancune, et la preuve, je donne a diner tous les lundis, voulez-vous
étre de mes fidéles? :
PONTAGNAC. — Moi! Comment?... Ah! vraiment!
VATELIN. — Nous sommes entre hommes! c’est le jour ot ma femme. dine chez sa mére! wen PONTAGNAC, comprenant la lecgon. — Ah! avec plaisir! (A fart).
Allons, je n’ai plus rien a faire ici! i REDILLON, bas a Lucienne. — C’est égal, si quelquefois la fantaisie
vous reprenait, eh! bien, prévenez-moi la veille! GEROME, du fond. — On ne déjeune pas alors!
REDILLON. — Si!
Vatelin, Lucienne, Rédillon, remontent un peu.
PONTAGNAC, vedescendant, a part. — C’ était écrit, je suis le dindon! Il les rejoint.
RIDEAU
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