‹ Théâtre Complet IIChapitre 164 sur 203 · SCENE “II · texte numérisé non relu

SCENE “II

BRETEL. — Une livrée?

LUCIEN. — Oui,... une livrée, un costume, enfin!... bleu, avec des boutons d’or.

BRETEL. — Une mascarade.

LUCIEN. -— Vous irez le mettre tout 4 ]’heure... Quand on sonnera vous irez ouvrir... Vous ne ferez pas aux visiteurs de questions indiscrétes,... leur nom simplement; si on ne veut pas vous le dire, vous n’insisterez pas...

BRETEL, — Bien!

LUCIEN. — S’il vient une lettre, un paquet pour moi... vous ne me le présenterez pas a méme la main, vous le mettrez sur un plateau... Il y a un plat pour ga.

BRETEL, ‘out en écoutant se met les doi gts dans le nez, — Bien.

LUCIEN. — Enfin, quand je vous parle, vous éviterez de vous fourrer les doigts dans le nez.

BRETEL.. — Oh! gott! gott! Y en a-t-il! y en a-t-il!

LUCIEN. -— Voila ce que j’ai a vous dire pour le moment... Je vous donnerai cinquante francs par mois.

BRETEL, — Ca est bien.

LUCIEN. — Le blanchissage.

BRETEL, avec une moue, — Peuh!

LUCIEN. — Le vin.

BRETEL. — Non, pas de vin, sais-tu, Monsieur, du farro!

LUCIEN. — Ca, c’est votre affaire.

BRETEL. — Et le milk-café.

LucIEN, — Le milk-café?

BRETEL. — Ah! ca est vrai, tu ne causes pas le patois parisien !... Tu ne parles pas le frangais belge!.. . Eh! bien, le café au lait!

Lucien. — Ah! le café! va pour ‘Te café, Maintenant, mettez-vous a

votre service. Le couvert est déja sur la table. Vous n’avez qu’a la porter ici, au milieu.

BRETEL. — Voila!.. » porte la table au milieu de la scéne.) Et le déjeuner, monsieur, ou e’qu’il est? (montrant la salade THE est sur la table.) Est-ce qu’il n’y a que la salade?

LUCIEN. — Ne vous inquiétez pas! On l’apportera tout a l’heure. (voyant Bretel dont les regards se sont fixés sur une photographie de Dora qui est sur la cheminée.) Qu’est-ce que vous regardez comme g¢a?...

BRETEL, prenant la photographie sous cadre. — C’est c’te dame! ca est un beau brin de sexe, Sais-tu?

LUCIEN. — Vous trouvez?

BRETEL. — Ca est ta bonne amie, hé?

LuciEN. — Eh! bien, dites donc, est-ce que ¢a vous regarde’?... Voila des expressions!

BRETEL. — Allei! allei! ca, c’est de ton age! ¢a est une belle femme!

LUCIEN. — Vous saurez, Monsieur Bretel, que je ne recois jamais ici que de jeunes et jolies femmes!

BRETEL. — Tu as raison... Seulement, la vitre, il est sale...

Il crache sur le verre ‘de la photographie et Tessuie avec la serviette de Lucien qu'il a prise sur la table.

LucIENn. -— Eh! bien, en voila des maniéres! espéce de malpropre! Il lui arrache le portrait quwil replace sur la cheminée. On sonne, LUCIEN. — Tenez, on sonne! allez ouvrir. Moi, je vais passer une

jaquette. Vous m’apporterez mes bottines.

BRETEL, — Oui, Monsieur...

Il remonte au fond, tandis que Lucien se dirige vers la gauche, deuxiéme plan.

LucIEN. — Oh! oh! j’aurai de la peine a le former. . Il sort.

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