‹ Théâtre Complet IIChapitre 201 sur 203 · SCENE XVI ast · texte numérisé non relu

SCENE XVI ast

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GENTILLAC. — Fauconnet, laisse-moi t PRDHQHEE.

FAUCONNET. — Rien du tout!...

CLARISSE. — Mais qu’est-ce qui te prend?

FAUCONNET. — Taisez-vous, madame, vous n’avez plus le droit d’élever la parole!

CLARISSE. — Hein!

FAUCONNET. — Oh! mais j’aurai votre vie! Nous nous battrons! GENTILLAC. — Mais voyons!

FAUCONNET. — Inutile! Ot est mon chapeau? Dans le cabinet de toilette.

Il se dirige vers la droite.

GENTILLAC. — Mais...

FAUCONNET. — Sortons! Monsieur!

GENTILLAC. — Eh! bien, sortons!

Ils entrent tous deux dans le cabinet de toilette, ou on entend le bruit de leurs voix.

ARTEMISE, se dirigeant du cété on ils sont sortis. — Mon Dieu, ils vont s’étrangler!

CLARISSE..— Mais qu’est-ce qu’il a, Madame?

ARTEMISE. — I] y a que monsieur Gentillac a conté 4 votre mari toute histoire du chemin de fer.

CLARISSE. — Toute l’histoire?

ARTEMISE. — I] sait tout! Ah! mon Dieu, mon Dieu!

Elle disparait a drotte et sa voix se méle confusément a celle des deux hommes.

CLARISSE. — Toute I’histoire! Mais quelle histoire? il n’y a pas eu d’histoire. GENTILLAC, sortant, son chapeau sur la téte, la cravate défaite, vépondant a Fauconnet, qu'on ne voit pas. — Eh! bien, soit, demain! (descendant a Clarisse). Ah! madame, pourquoi étes-vous allée parler a votre mari de notre rencontre en chemin de fer?... CLARISSE. — Et ot est le mal?

GENTILLAC. — Eh! le mal, c’est que moi ne supposant pas... je lu ai tout raconté.

CLARISSE. — Tout quoi?

GENTILLAC. — Tout ce qui s’est passé! ’ CLARISSE. — Mais il ne s’est rien passé, monsieur! GENTILLAC. — Comment, il ne s’est rien passé! CLARISSE, entrant a droite et & son mari qu’on ne voit pas. — Ah! Jérme, mais c’est une infamie}!..

VOIX DE FAUCONNET. — Oh! inutile de me raconter des histoires!

La porte se referme, on n’entend que des bruits de voix en sourdine.

GENTILLAC. — C’est a moi qu’elle vient dire ca!

EMILIE, descendant a Gentillac. — Ah! ¢a! qu’est-ce qui se passe?

GENTILLAC. — Ah! allez vous promener, vous!

EMILIE. — Ah! vous n’étes pas gentil! Vous savez, j’irail pas demain au Terminus Hotel.

GENTILLAC, bondissant. —- Qu’est-ce que vous avez dit? Qu’est-ce

que vous avez dit?

GENTILLAC, allant a la porte de droite et l ouvrant brutalement, — Venez tous!.. . Allons, venez! je vous dis de venir. (Tout le monde

étonné redescend en continuant a parler ensemble.) Chut!... silence!... taisez-vous! (Ox se tait. A Emilie.) Et toi, parle maintenant!... Qu’est-ce que tu viens de me dire?

EMILIE, — Mais rien, Monsieur.

GENTILLAC. — Si, si, tu viens de me le dire a moi, a |’instant.

EMILIE. — Ah! bien, tiens! oui, mais pas devant le monde.

GENTILLAC, — Veux-tu répéter, ou je t’étrangle!

EMILIE. — Non, non!... j’ai dit : « Vous savez, j’irai pas demain au Terminus Hotel! »

Tous. — Hein!

GENTILLAC, la secouant. -— Et alors la personne que j’avais prise dans l’obscurité pour ta maitresse et qui était venue s’asseoir prés de moi sous le tunnel... Allons, parle!

EMILIE, sanglotant. — Je suis elle, Monsieur, je suis elle.

Elle prononce je sui elle.

GENTILLAC, la repoussant au point qu'elle manque de tomber. —

Allons donc! Eh bien, comprenez-vous, maintenant?

FAUCONNET. — Ah! Dieu soit loué, oui!

GENTILLAC. — Ah! madame, me pardonnez-vous d’avoir pu supposer un instant...

CLARISSE. — Ah! monsieur, c’est indigne, un galant homme aller ainsi a la légére compromettre une femme, par forfanterie, pour se vanter d’une soi-disant bonne fortune, qui aboutit a quoi, a une conquéte d’escalier de service!... (@ ce moment Emilie, assise a la cheminée, se mouche bruyamment.) Qu’est-ce que c’est que ¢a?

FAUCONNET. — Rien... elle se mouche...

CLARISSE. — Et devant qui allez-vous vous vanter encore?... Devant votre femme!...

GENTILLAC. — Ma femme!... Quelle femme?

CLARISSE, indiquant Artémise. — Madame.

ARTEMISE ET FAUCONNET. --- Aie!

GENTILLAC. — Elle!... mais ce n’est pas ma femme! Est-ce que je la connais? Je ne sais méme pas son nom.

Il remonte pour redescendre a droite et sasscoir

au piano.

FAUCONNET, @ part. — Ah! le pleutre!

CLARISSE, @ Fauconnet. — Hein! Comment, Monsieur, vous m’avez dit...

FAUCONNET. — Non, je vais t’expliquer.

CLARISSE. — Vous mentez!... Je comprends tout!... Ah! ah! vous

étiez donc en féte, monsieur Fauconnet.

FAUCONNET. — Mais...

CLARISSE. — Pendant que je vous crois 4 votre conseil d’Administration, vous soupez avec des courtisanes !

ARTEMISE. — Hein!

CLARISSE. — Et quelles courtisanes! Des vieilles courtisanes, ARTEMISE. — Madame!

CLARISSE. — Ah! non! non! cst a mourir de rire. Voila pour qui

on nous trompe, tenez! Non, il en faut du vice! FAUCONNET. — Clarisse!

ARTEMISE, @ Gentillac, assis au piano. — Monsieur, me laisserezvous insulter one longtemps!

GENTILLAC, — Ah! ma bonne dame! j’ai autre chose 4 penser. ARTEMISE. — C’est bien, Monsieur, je croyais avoir affaire 4 des

Wael We a

‘ SCENE XVII in 2ks hommes du monde! Je n’ai plus qu’a m’en aller... Od est ma mantille?

GENTILLAC, ¢tvés aimable. — Par la, la sortie, madame!

Elle entre a droite.

CLARISSE. — Ah! on vous en donnera des parties fines, M, Fauconnet.

FAUCONNET. — Clarisse!

__ CLARISSE, remontant a gauche. — Et ce n’est pas assez de ses orgies, il a encore le cynisme de m’y inviter.

FAUCONNET. — Moi?

CLARISSE. — Oui, avec ma bonne! .

Elle redescend a droite.

FAUCONNET, — Oh!

GENTILLAC. — Voyons, Madame...

CLARISSE, — Ah! vous!... vous faites un joli métier! Elle gagne la gauche.

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