SCENE XVI ast
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GENTILLAC. — Fauconnet, laisse-moi t PRDHQHEE.
FAUCONNET. — Rien du tout!...
CLARISSE. — Mais qu’est-ce qui te prend?
FAUCONNET. — Taisez-vous, madame, vous n’avez plus le droit d’élever la parole!
CLARISSE. — Hein!
FAUCONNET. — Oh! mais j’aurai votre vie! Nous nous battrons! GENTILLAC. — Mais voyons!
FAUCONNET. — Inutile! Ot est mon chapeau? Dans le cabinet de toilette.
Il se dirige vers la droite.
GENTILLAC. — Mais...
FAUCONNET. — Sortons! Monsieur!
GENTILLAC. — Eh! bien, sortons!
Ils entrent tous deux dans le cabinet de toilette, ou on entend le bruit de leurs voix.
ARTEMISE, se dirigeant du cété on ils sont sortis. — Mon Dieu, ils vont s’étrangler!
CLARISSE..— Mais qu’est-ce qu’il a, Madame?
ARTEMISE. — I] y a que monsieur Gentillac a conté 4 votre mari toute histoire du chemin de fer.
CLARISSE. — Toute l’histoire?
ARTEMISE. — I] sait tout! Ah! mon Dieu, mon Dieu!
Elle disparait a drotte et sa voix se méle confusément a celle des deux hommes.
CLARISSE. — Toute I’histoire! Mais quelle histoire? il n’y a pas eu d’histoire. GENTILLAC, sortant, son chapeau sur la téte, la cravate défaite, vépondant a Fauconnet, qu'on ne voit pas. — Eh! bien, soit, demain! (descendant a Clarisse). Ah! madame, pourquoi étes-vous allée parler a votre mari de notre rencontre en chemin de fer?... CLARISSE. — Et ot est le mal?
GENTILLAC. — Eh! le mal, c’est que moi ne supposant pas... je lu ai tout raconté.
CLARISSE. — Tout quoi?
GENTILLAC. — Tout ce qui s’est passé! ’ CLARISSE. — Mais il ne s’est rien passé, monsieur! GENTILLAC. — Comment, il ne s’est rien passé! CLARISSE, entrant a droite et & son mari qu’on ne voit pas. — Ah! Jérme, mais c’est une infamie}!..
VOIX DE FAUCONNET. — Oh! inutile de me raconter des histoires!
La porte se referme, on n’entend que des bruits de voix en sourdine.
GENTILLAC. — C’est a moi qu’elle vient dire ca!
EMILIE, descendant a Gentillac. — Ah! ¢a! qu’est-ce qui se passe?
GENTILLAC. — Ah! allez vous promener, vous!
EMILIE. — Ah! vous n’étes pas gentil! Vous savez, j’irail pas demain au Terminus Hotel.
GENTILLAC, bondissant. —- Qu’est-ce que vous avez dit? Qu’est-ce
que vous avez dit?
GENTILLAC, allant a la porte de droite et l ouvrant brutalement, — Venez tous!.. . Allons, venez! je vous dis de venir. (Tout le monde
étonné redescend en continuant a parler ensemble.) Chut!... silence!... taisez-vous! (Ox se tait. A Emilie.) Et toi, parle maintenant!... Qu’est-ce que tu viens de me dire?
EMILIE, — Mais rien, Monsieur.
GENTILLAC. — Si, si, tu viens de me le dire a moi, a |’instant.
EMILIE. — Ah! bien, tiens! oui, mais pas devant le monde.
GENTILLAC, — Veux-tu répéter, ou je t’étrangle!
EMILIE. — Non, non!... j’ai dit : « Vous savez, j’irai pas demain au Terminus Hotel! »
Tous. — Hein!
GENTILLAC, la secouant. -— Et alors la personne que j’avais prise dans l’obscurité pour ta maitresse et qui était venue s’asseoir prés de moi sous le tunnel... Allons, parle!
EMILIE, sanglotant. — Je suis elle, Monsieur, je suis elle.
Elle prononce je sui elle.
GENTILLAC, la repoussant au point qu'elle manque de tomber. —
Allons donc! Eh bien, comprenez-vous, maintenant?
FAUCONNET. — Ah! Dieu soit loué, oui!
GENTILLAC. — Ah! madame, me pardonnez-vous d’avoir pu supposer un instant...
CLARISSE. — Ah! monsieur, c’est indigne, un galant homme aller ainsi a la légére compromettre une femme, par forfanterie, pour se vanter d’une soi-disant bonne fortune, qui aboutit a quoi, a une conquéte d’escalier de service!... (@ ce moment Emilie, assise a la cheminée, se mouche bruyamment.) Qu’est-ce que c’est que ¢a?
FAUCONNET. — Rien... elle se mouche...
CLARISSE. — Et devant qui allez-vous vous vanter encore?... Devant votre femme!...
GENTILLAC. — Ma femme!... Quelle femme?
CLARISSE, indiquant Artémise. — Madame.
ARTEMISE ET FAUCONNET. --- Aie!
GENTILLAC. — Elle!... mais ce n’est pas ma femme! Est-ce que je la connais? Je ne sais méme pas son nom.
Il remonte pour redescendre a droite et sasscoir
au piano.
FAUCONNET, @ part. — Ah! le pleutre!
CLARISSE, @ Fauconnet. — Hein! Comment, Monsieur, vous m’avez dit...
FAUCONNET. — Non, je vais t’expliquer.
CLARISSE. — Vous mentez!... Je comprends tout!... Ah! ah! vous
étiez donc en féte, monsieur Fauconnet.
FAUCONNET. — Mais...
CLARISSE. — Pendant que je vous crois 4 votre conseil d’Administration, vous soupez avec des courtisanes !
ARTEMISE. — Hein!
CLARISSE. — Et quelles courtisanes! Des vieilles courtisanes, ARTEMISE. — Madame!
CLARISSE. — Ah! non! non! cst a mourir de rire. Voila pour qui
on nous trompe, tenez! Non, il en faut du vice! FAUCONNET. — Clarisse!
ARTEMISE, @ Gentillac, assis au piano. — Monsieur, me laisserezvous insulter one longtemps!
GENTILLAC, — Ah! ma bonne dame! j’ai autre chose 4 penser. ARTEMISE. — C’est bien, Monsieur, je croyais avoir affaire 4 des
Wael We a
‘ SCENE XVII in 2ks hommes du monde! Je n’ai plus qu’a m’en aller... Od est ma mantille?
GENTILLAC, ¢tvés aimable. — Par la, la sortie, madame!
Elle entre a droite.
CLARISSE. — Ah! on vous en donnera des parties fines, M, Fauconnet.
FAUCONNET. — Clarisse!
__ CLARISSE, remontant a gauche. — Et ce n’est pas assez de ses orgies, il a encore le cynisme de m’y inviter.
FAUCONNET. — Moi?
CLARISSE. — Oui, avec ma bonne! .
Elle redescend a droite.
FAUCONNET, — Oh!
GENTILLAC. — Voyons, Madame...
CLARISSE, — Ah! vous!... vous faites un joli métier! Elle gagne la gauche.