ACTE PREMIER - SCENE I]
il ne manque plus qu’un peu de lustre 4 mon nom... Eh! bien; ce’ lustre, c’est tol qui me le donnera. Tu es mon ceuvre, cet opéra est ton ceuvre. Or, les ceuvres de,nos ceuvres sont nos ceuvres, par conséquent, Faust est mon ceuvre. J’ai dit !
Tous. — Bravo! Bravo!
LANDERNAU. — Mais cela ne nous dit pas comment tu t’y prendras pour le faire jouer. : :
PACAREL, — Attends donc!... L’autre jour, j’ai appris que l’Opéra avait l’intention d’engager un ténor merveilleux... une voix tu sais... comme je sens que j’en ai une en dedans... si elle voulait sortir... Ce ténor chante a Bordeaux... il s’appelle Dujeton et a un avenir immense... Qu’est-ce que je fais?.. je télégraphie 4 mon vieil ami Dufausset! « Engage pour mot, wimporte quel prix, ténor Dujeton! Actuellement Bordeaux et expédie directement. »» Vous comprenez, une fois en possession du ténor... je lé lie 4 moi... L’Opéra se traine 4 mes genoux... et en méme temps que je lui repasse mon ténor, je lui impose mon opéra et voila les Pacarel qui passent a4 la postérité... Messieurs, Mesdames, a votre santé.
Tous. — Hip! hip! hip! hurrah!...
JULIE, se deve. — Ah! papa, que Je suis contente.
Elle Pembrasse.
PACAREL. — Prends donc garde a mon col... tu peux bien embrasser sans te suspendre... Tiens, embrasse ta belle-meére plutot.
Elle va embrasser Marthe.
MARTHE, afgres que Julie l’a embrassée. — D’abord, ne dis pas toujours ta belle-mére, ¢a me vieillit, moi, ga me donne l1’air d’une conserve.
AMANDINE. — Hé! Hé! les conserves valent souvent mieux que les
primeurs!
On apporte les rince-bouche..
PACAREL, @ part. — Elle préche pour son saint, la maman Lander-
nau.