SCENE XIII LES MEMES, LANDERNEAU
LANDERNAU, du fond. — Pacarel! ah! te voila....tiens, lis ca! PACAREL, 7iant. — Un journal... Ah! bien, plus tard... Figure-toi.. Akh! Non, tu ne devinerais jamais... Dufausset qui me demande la main
de Julie.
60 Pe CHAT EN POCHE
LANDERNAU. — Vrai! lui! elle est bien bonne. (A Lanozx gui redescena.) Ah! elle est bien bonne, hein!
LANOIX. — Elle doit l’étre, elle doit étre vraiment bonne.
Il fait chorus.
DuFAUSSET. — Ah! mais ils m’agacent, je ne vois pas en quoi elle est si bonne...
JuLiz. — Ah! décidément, papa ne l’aime pas.
LANDERNAU, vedevenant sérieux. — Et maintenant, assez ri comme ca, lis-moi ¢a.
Lanoix remonte avec Julie a droite.
PACAREL, riant toujours, — Qu’est-ce que c’est? quoi?... « On annonce l’engagement... » Oh! c’est trop fort. (A Dufausset.) Lisez ga, vous!
Il tend le journal a Dufausset.
DUFAUSSET, Jzsant. — « On annonce l’engagement a |’Opéra du fameux ténor Dujeton aux appointements de 6.000 francs par mois... » Eh bien! je m’en fiche!
PACAREL. — Ah! vous vous en fichez!... C’est bon, vous me devez quarante mille francs.
DUFAUSSET. — Moi?
PACAREL. — Le dédit! ;
DUFAUSSET. — Le dédit!.. quel dédit?.. mais que je ne vous quitte pas.
PACAREL. —- Vous ne pouvez pas rester avec moi et étre a l’Opéra en méme temps.
DUFAUSSET, — Mais je ne vais pas a l’Opéra! je ne suis pas Dujeton, moi...
LANDERNAU. — Hein?
PACAREL. — Comment vous n’étes pas... alors que faites-vous ici... un pique-assiette?
DuFAUSSET. — Ah! Monsieur!
PACAREL, — Pourquoi m’avez-vous dit que vous vous appeliez Dufausset ?
DUFAUSSET. — Dufausset n’est pas Dujeton.
PACAREL. — Dujeton, c’est le nom de théatre. Ne m’avez-vous pas
expliqué que vous étiez le fils naturel de Dufausset.
DUFAUSSET. — Mol, le fils naturel?... Eh bien, dites-donc, ot avezvous pris ¢a?
PACAREL. —- Dame, c’est vous... Et puis quoi, Dufausset n’a qu’un fils...
DUFAUSSET. — Eh! bien... je ne vous ai pas dit non plus que j’avais un frére... Ce fils, c’est moi...
PACAREL. — Comment, c’est vous le... un gamin qui, il y a treize ans, était haut comme ga... Mais alors, dites-donc... vous n’étes pas ténor?...
DUFAUSSET. —- Moi, je ne sais pas chanter.
, PACAREL. — Et vous vous faites passer?... Ah! c’est trop fort... Comment, je demande 4 Dufausset de m’engager un ténor et il y substitue son fils!...
DuFAUSSET. —- Mon pére m’a envoyé faire mon Droit a Paris... mais il ne m’a pas par’é de ténor... [] m’a seulement recommandé a vous... j'ai la lettre au fond de ma malle... Vous m’avez tout de suite offert:
| ACTE TROISIEME-SCENEXV sO
une pension extraordinaire, j’ai accepté parce que je suis sans cérémonie... PACAREL, — Eh! bien! et mon télégramme?
DUFAUSSET. — Mon pére n’a rien recu.
PACAREL, appelant. —- Tiburce!