‹ Théâtre complet illustréChapitre 141 sur 198 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Ciel, aurais-tu permis que mon funeste amour Exposât mon amant tant de fois en un jour ? Que, pour dernier malheur, cette lettre fatale Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale ? J'étais en ce lieu même ; et ma timide main, Quand Rôxane a paru, Ta cachée en mon sein. Sa présence a surpris mon âme désolée ; Ses menaces, sa voix, un ordre m'a troublée : J'ai senti défaillir ma force et mes esprits : Ses femmes m'entouraient quand je les ai repris ; A mes yeux étonnés leur troupe est disparue. Ah ! trop cruelles mains, qui m'avez secourue, Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains ; Et par vous cette lettre a passé dans ses mains. Quels desseins maintenant occupent sa pensée ? Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée ? Quel sang pourra suffire à son ressentiment ? Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment. Cependant on m'arrête, on me tient enfermée. On ouvre : de son sort je vais être informée.

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