‹ Théâtre complet illustréChapitre 170 sur 198 · SCÈNE VI : MONIME, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

SCÈNE VI : MONIME, XIPHARÈS

XIPHARÈS

Que dirai-je, madame ? et comment dois- je entendre Cet ordre, ce discours que je ne puis comprendre ? Serait-il vrai, grands dieux ! que, trop aimé de vous, Pharnace eût en effet mérité ce courroux ? Pharnace aurait-il part à ce désordre extrême ?

monitme.

Pharnace? O ciel ! Pharnace ! Ah ! qu'entends- je moi-même?

Ce n'est donc pas assez que ce funeste jour

A tout ce que j'aimais m'arrache sans retour,

Et que, de mon devoir esclave infortunée,

A d'éternels ennuis je me voie enchaînée ?

Il faut qu'on joigne encor l'outrage à mes douleurs !

A l'amour de Pharnace on impute mes pleurs !

Malgré toute ma haine on veut qu'il m'ait su plaire !

Je le pardonne au roi, qu'aveugle sa colère,

Et qui de mes secrets ne peut être éclairci ;

Mais vous, seigneur, mais vous, me traitez-vous ainsi ?

XIPHARÈS

Ah ! madame, excusez un amant qui s'égare, Qui lui-même, lié par un devoir barbare, Se voit prêt de tout perdre et n'ose se venger. Mais des fureurs du roi que puis- je enfin juger ?

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