‹ Théâtre complet illustréChapitre 74 sur 198 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

Phénice : il aura su tout ce qui s'est passé ;

L'amour d'Antiochus l'a peut-être offensé.

Il attend, m'a-t-on dit, le roi de Comagène.

Ne cherchons point ailleurs le sujet de ma peine.

Sans doute ce chagrin qui vient de m'alarmer

N'est qu'un léger soupçon facile à désarmer.

Je ne te vante point cette faible victoire,

Titus ; ah ! plût au ciel que, sans blesser ta gloire,

Un rival plus puissant voulût tenter ma foi

Et pût mettre à mes pieds plus d'empires que toi ;

Que de sceptres sans nombre il pût payer ma flamme,

Que ton amour n'eût rien à donner que ton âme !

C'est alors, cher Titus, qu'aimé, victorieux,

Tu verrais de quel prix ton cœur est à mes yeux.

Allons, Phénice, un mot pourra le satisfaire.

Rassurons-nous, mon cœur, je puis encor lui plaire.

Je me comptais trop tôt au rang des malheureux.

Si Titus est jaloux, Titus est amoureux.

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