ACTE II, SCÈNE I
MADAME BRÉAUTIN
N'exagérez pas...
Je n'exagère ni je n'oublie. Vous m'avez donné des conseils admirables.
MADAME BRÉAUTIN.
Tout ce que je revendique, c'est d'avoir été une des premières à deviner votre talent... J'en suis fière...
LANGLADE
Vous me comblez, madame.
MADAME BRÉAUTIN.
D'ailleurs, nous n'en sommes qu'à nos débuts. . . Vous m'êtes très sympathique.
LANGLADE
Ah! madame...
MADAME BRÉAUTIN.
Et je vous le montrerai peut-être bientôt.
LANGLADE, avec curiosité.
Ah!
MADAME BRÉAUTIN.
J'ai tout un plan qui vous concerne.
LANGLADE
iMoi?
MADAME BRÉAUTIN.
Je vous présenterai ce soir à diverses personnes qui vous intéresseront.
Ecoutez, madame, je ne sais comment vous remercier...
MADAME BRÉAUTIN.
Laissez-moi manœuvrer, je ne manœuvre pas mal... Non! non! ne me demandez pas de détails... Vous saurez tout en temps et lieu... En attendant, amusez- vous aussi, c'est de votre âge...
218 l'adversaire
Faites la cour à nos bëllôS àMleS (Avec intention.)
et particulièrement à la plus belle.
LANGLADË, souriant.
Qui est la plus belle?
MADAME BRÉAUTIN.
Vous êtes meilleur juge que moi.
LANGLAbE.
Je suis bien embarrassé.
MADAME BRÉAÙTIN) avee a&uëritë.
Mon cher enfant, rappelez-vous ceci : on s'est repenti quelquefois de m'avoir caché un secret, jamais de me l'avoir confié.
Je n'ai pas de secret, malheureusement, surtout avec la personne que nous nous efforçons de ne pas nommer.
MADAME BRÉAÙTIN.
Euh!
LANGLADË, plus gravement.
Je vous donne inà parole d*honneur, madame, que je n'ai jàiïiaîs dit Un tnôt à itiâdàtûè Dàrlay qu'elle n'aurait pu répéter immédiatement à son mari. Et, d'ailleurs, je lui suis très antipathique, cela saute aux yeux.
MADAME BRÉAÙTIN.
Vous lui « étiez » assez antipathique, ça c'est
vrai.
laNglade.
Je lui « étais »?... Et maintenant?...
MADAME BRÉAÙTIN.
Maintenantii. vous lui êtes peut-être moins antipathique que jadis... Oh! un peu moins^ voilà tout.