SCÈNE iV
MADAME BRÉAUTIN,GHANTRA1NË, BRÊAUTÎN,
MADAME GHANTRAINE.
MADAME BREAUTIN
Vous trouvez ça naturel ?
BREAUTIN.
Eh quoi, chère amie?
MADAME BREAUTIN.
Ce qui se passe ici ce soir ?
MADAME GHANTRAINE.
Ah ! non, par exemple ! Ce n'est pas naturel !
BREAUTIN.
Mais que se passe-t-il donc? Je n'ai rien vu.
MADAME BREAUTIN.
Vous n'avez pas remarqué le départ subit de Langlade ?
BREAUTIN.
Il venait de recevoir un télégramme le rappelant à Paris...
276 l'adversaire
MADAME CHANTRAINE.
D'abord, le télégraphe est fermé le dimanche, à la campagne.
BRÉAUTIN.
Ça, c'est vrai... C'est une réforme à faire...
■ MADAME BRÉAUTIN.
En effet, on ne reçoit pas de télégrammes. Et puis, quand on vient chez les gens à quarantecinq kilomètres de Paris, on ne s'en va pas une heure après ! Et puis, à dîner, une maîtresse de maison ne fait pas cette tête-là! Et puis, elle insiste pour retenir ses invités, ou elle fait semblant d'insister, et elle ne va pas pleurer toute seule dans un petit salon au moment de prendre le café ! Et puis, il y a un tas d'autres détails qui t'ont échappé, à toi, parce que tu n'es qu'un homme politique, et qui sautent aux yeux de simples femmes comme nous!...
MADAME CHANTRAINE, riant.
Parfaitement.
BRÉAUTIN.
Quelle idée as-tu donc, ma chère ?
MADAME BRÉAUTIN.
Je vous la dirai en route... Allons chercher nos manteaux, puisqu'on ne nous les apporte pas !
CHANTRAINE, à madame Chantraine qui se dispose à les suivre.
Un mot, chère amie?
MADAME CHANTRAINE.
Vous voulez me parler, mon ami?
Un petit mot de rien du tout...
(Sortent monsieur et madame Bréautin.)