SCENE X Les Mêmes, LUCIENNE
JOSSAN.
Mademoiselle !...
Monsieur...
CLOTILDE
Vous êtes délicieusement jolie, aujourd'hui, ma petite Lucienne... Seulement, il faudra que je vous gronde, vous n'êtes pas venue une seule fois à la maison de tout l'été.
LUCIENNE
Je comptais y aller dimanche, avec maman.
CLOTILDE
Nous organiserons une partie de pêche dans l'étang...
LUaENNE.
Il y a beaucoup de carpes cette année?...
CLOTILDE
Et elles sont d'une grosseur à faire frémir. Mon frère en a pris une, hier, miraculeuse.
42 LÀ CrtÀTËLÀlNE
MADAME bfe LA BÀUDIÈRE.
Et Tétang lui-rûêttié est superbe, cômttiè toute votre propriété d'ailleurs;
Et comme tout le pays.
MAbAMB DE LA BAÙblÈtlE.
Et ûôtrê Loit-e?... Ëât-^êllë assez belle, fiotl^é Loire, dfilûfe cette Sâiédii?
Radieuse !...
CLOTILDE
Savez-vous que mon fi*ère ne rêve que d'acheter quelque chose à côté de nous !
MADAME DE LA BÀUDIÈRE
Vraiment?
JOSSAN.
Mais oui... (A ciotade.) Gomment appelles-tu cette merveille de petit château RenàisSàflcê, à mi-coteau sur le bord dé là Loire.
GLOTILDEj à LA Baudiêre.
Il veut parler de Sauvetèrre qui appftrtieiit à monsieur de Rive, un de Vos pbrentsj je cfois... Malheureusement, mon ami, Sauvetèrre n'est pas à vendre.
La feAÙblÈkÈ, vibéihétiL
Mais, pardon!... pardon!...
MADAME DE lA BAUDIÈRÈ, bas à ^otl tiiàri.
De quoi te mèles-tu?... De quoi te mêles-tii 1
CLOTILDE
Comment, Sauvetèrre est à vendre ?
MAbAMÉ bË La baudièrè.
C'est-à-difê...
Actfe I, SCÈNE X 43
La fiAWiÉRË.
Monsieur et madame de Rive sont bien décidés à vendre Sauveterre si TocGasioti s'feil présente, et ma nièce est à Angers précisément pour cela.
CLOTILDE
Dis donc, André. *i hein!..i
JOSSAN.
Mais Sauveterre ne sera acheté que par moi...
LA ËAÛDlËhÉ.
Connaissez- vous mon neveu?...
jossaN.
Pas du tout*.. Quand pourrai-je le voir?...
LÀ BAUmÊftfe.
Il est à Paris» mais ma nièce est chez son notaire, à quelques pas d4cî.
CLÔtlLbE.
Ne pourrait-on pas lui fftii^e dire?...
La bAtlbiÈRE.
Pai*di!... Lucienne?...
LUCIENNE
Tout de suite.*. Chez quel notaire?
LA BAUDIKRE.
Monsieur Lormois...
Bien!...
(Elle sort.)
GLOTILDB, à madame de Là BAudlèt*B:
Vous avez visité le château, récemment? Dans quel état est-il?...
44 LA CHATELAINE
MADAME DE LA BAUDIERE
Hum !...
CLOTILDE
Oui... il tombe un peu en ruines...
JOSSAN.
Tant mieux!
LA BAUDIERE.
Il y a encore des parties admirablement conservées.
LE BARON
Oui, une tourelle entre autres...
LA BAUDIERE.
Nous irons le visiter tous un de ces jours.
MADAME DE LA BAUDIERE, à André.
Tant mieux si Sauveterre fait votre affaire, monsieur. Nous en serions enchantés pour le voisinage, mais cela m'étonnerait fort.
Nous verrons.
CLOTILDE
Maintenant, nous allons laisser monsieur La Baudière et mon frère se raconter les petits potins de leur cercle... et nous, nous allons nous raconter les nôtres.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Oui... oui...
LE BARON
Moi, je vais dans la bibliothèque voir le livre que vous venez d'acheter.
LA BAUDIÈRE.
Ah ! oui, sur la culture de la vigne dans TAnjou... Madame de La Baudière va vous le donner.
(Sort le Baron. — Clotilde et madame de La Baudière sont sorties une réplique avant.)