‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 227 sur 272 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

nous obtenir Tautorisation de le visiter, et j'ai l'intention d'y aller avec ma belle-sœur et les enfants.

LEBRASIER.

Il m'est impossible, madame... de me joindre à vous... à mon grand regret.

HENRIETTE

Et pourquoi ?

LEBRASIER.

D'abord, j'ai horreur de faire des excursions dans des pays que je ne connais pas.

HENRIETTE, riant.

Alors?

Et je vous ferai en outre observer, madame, que le propriétaire de la Malène est bien connu

[►our être un véritable sauvage... qui habite dans e roc.

PIÉGOIS.

C'est un homme exquis.

LEBRASIER.

Il a tiré des coups de fusil sur des Anglais qui voulaient visiter sa bicoque.

PIÉGOIS.

Ils ^foulaient la visiter de force : mets-toi h sa place.

LEBRASIER, à Henriette.

Vous pouvez attraper un mauvais coup.

HENRIETTE, riant.

Monsieur Piégois est très lié avec lui.

374 MONSIEUR PIBGOI6

LBËRASIERf entre ses dents.

Jolie recommandation ! . . .

(Mouvement d'Henriette.)

HENRIETTE, agaoëe.

C'est bon! Je nïnaiste pas. J'irai sans vous... ou plutôt je vais demander à monsieur Piégois de bien vouloir nous accompagner.

(Mouvement de Lebrasier.)

PIÉGOIS.

Trop heureux, madame*

LEBRASIER, à part.

Naturellement.

(Il s'éloigne.)

HENRIETTE, à Pif^gois.

A demain matin, alors?

PIÉGOIS.

A demain matin.

HENRIETTE

Gela ne vous dérange pas?

PIÉGOIS.

C'est un grand plaisir pour moi... (Un temps.) C'est une très grande joie.

(Ilenriette s'éloigne lentement.)

MADAME LESTROT, à Piégois.

Ici, monsieur Piégois, nous sommes arrêtéS) je ne comprends plus.

PIÉGOIS, allant à elle.

Voyons un peu, madame !

(Il se joint au groupe pendant la conversation d'Henriette et de Lebrasier.)

AGTB II, tiCÈnK V 375

HENRISTTB, se retoartiAni ven Lebrasier 0t «e tronwuit tons leê deuoo à gauche de la scène, assea loin des invités qui regardent la réussite ainsi que Piégois. Cêtui'-cif d*aillèurt^ Après avaij* eapllqaé lé maniement de la réussite à madame Lestrot, va un instant sur la terrasse avec JanteU Henriette à Lehraeier :

Lebrasier, je vous jure que vous devenez insupportable avec vos attitudes et vos petites phrases sournoises ! Je tolère chez vous certains accès de jalousie... comment dirais-jel de jalousie... blanche... d*abord parce qu'éfle m'amuse, et ensuite parce (jue ça nous fait des sujets de conversation, mais si vous alliez jusqu'à des allusions plus directes, soyez sûr que je ne vous le pardonnerais pas.

LEBRASIER, avec énergie.

Eh bien, madame, vous né me le pardonnerez pas! car je fais effectivement des allusions plus directes ! . . .

HENRIETTE

Mais à quoi ! à qui !

A des gens.

Quelles gens?

LEBRASIER.

HENRIETTE

A des gens oui sont autour de vous... (ii se promène.) qui ont aéjeuné avec vous.

HENRIETTE

Nous avons déjeuné avec monsieur Herbelin, avec monsieur Lestrot et avec monsieur... (Regardant Lebrasier sévèrement.) Un SCul mot, Lcbrasicr...

Si vous osez prononcer, à ce sujet, lé nom de monsieur Piégois...

LEBRASIER.

Oui, madame, je le prononce..* Oh! attendez»

376 MONSIEUR PIÉGOIS

je ne vous fais pas Tinjure de croire que vous avez un penchant pour monsieur Piégois...

HENRIETTE

C'est heureux !

LEBRASIER.

Mais je dis à haute et intelligible voix, et duss6-je encourir les plus graves pénalités, que vous éprouvez en sa compagnie un plaisir qui me navre ! et dont je suis jaloux, madame, oui, jaloux !

HENRIETTE

L'absurdité de ces propos me désarme...

Vous l'avez déjà consulté sur un changement de médecin pour votre fils.

HENRIETTE

Il connaît les médecins d'ici mieux que moi...

LEBRASIER.

Vous causez avec lui de littérature et de peinture...

HENRIETTE

Une fois...

LEBRASIER.

Jamais nous n'avons causé de ces choses-là ensemble !

HENRIETTE

C'est de votre faute.

LEBRASIER.

Vous le rencontrez à chaque instant au parc, à la promenade...

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