ACTE II, SCÈNE V
HENRIETTE
Par hasard.
LEBRASIER.
Je les connais ces hasards-là... Demain matin... vous allez visiter le château de la Malène avec lui...
HENRIETTE
Avec lui et avec ma belle-sœur.
LEBRASIER.
Je pense bien que ce n'est pas tous les deux seuls... Enfin!... vous ne m'empêcherez pas de m'apercevoir que Piégois vous fait la cour.
HENRIETTE
Ça, par exemple, c'est le comble !
LEBRASIER.
Non, madame, ce n'est pas le comble!... Il vous fait la cour d'une façon astucieuse et détournée... Je connais le bonhomme... Et il est impossible que vous ne vous en soyez pas aperçue!... Ayez cfonc le courage de vous l'avouer et de voir où vous allez, et dans quelle situation vous pouvez vous trouver demain, avec un monsieur qui se croira des droits... et quel monsieur!...
HENRIETTE
Lebrasier!...
LEBRASIER.
Ma vieille amitié me permet de vous le dire ! . . . Car tout cela je le sais, non seulement par mes observations personnelles, mais encore par les scènes continuelles que sa bonne amie... Emma... lui fait à cause de vous.
378 MONSIEUR PléOOIB
HENRIETTE, chAKgteant de ton.
A cause de moi?
LEBRAMER.
J'y ai assisté à diverses reprises... Oui... Il est même sur le point de la quitter... remarquer bien... et vous devinez pourquoi, maintenant.
HENRIETTE, nerveuse.
Voilà qui change la question !... Vous ave^ raison, Lebrasier... vous avez raison... En effet... Je ne me rendais pas compte de... certaines choses... Merci, Lebrasier, de m 'avoir prévenue... et de m'avoir prévenue à temps... Soyez sûr que je vais prendre des mesures énergiques.
LEBRASIER.
Je n'attendais pas moins de vous.
HENRIETTE, à mAdame Jkntel, qui revient.
Je sors, Louise, pendant que le petit dort.
M'accompagnez-vous, Lebrasier?
(Signé dB Lebrasier.)
MADAME JANTEL.
Rapportez-moi les journaux illustrés, voulezvous?
(Lebrasier et Henriette prennent congé des invités et sortent par Ia droite^ ainsi que les autres invitée àvec It» répliques suivantes.)
MADAME LESTROT, à madame Jantel,
Chère amie, nous vous quittons.
MADAME JANTEL.
Déjà?
MADAME LESTROT.
On ne vous verra pas un instant, dans l'aprèsmidi?