‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 234 sur 272 · Acte il, SCENE vt i^ll · texte numérisé non relu

Acte il, SCENE vt i^ll

suis pias une bété... Cô qUë vous inô tiioiitre^ là... ça n'existe pas, çà né repose élit* rien, c'est du

trompe-l'œil... (Lui tapant à son tour sur Vépa'utè.) mOÎX

cher monsieur Jantel, tout le monde Vous croit très riche et moi-même je le croyais, 11 y a un instant...

JANTEL, se reculant.

Eh bien?

PIEGOIS, s'avançant vers lui et plus familier.

Jantel, vous êtes dans de mauvaises affaires !

JANTEL.

Mais...

PiÉGÔIS.

Jântel, vous aVé^ besoin d'argetit! Tous les honlitlèâ qui ont besoin d'argent, que Ce soit d'Un million ou d'un louis, ont le même geste et le même regard!... Vous avez besoin d'argent.

JANTEL.

Oti a toujours besoifa d'ài^etlt.

PIÉGOIS.

H y a besoin et bèsoiii... Un monsieur comme vous ne s'adreàse à un monsieur comme moi que s'il ne peut plus faire autrement.

JANTEL.

Ah çàl muti cher, me croyez-vous ruiné, par hasard? Gardez Vos fonds, monsieur Piégois, et bien le bonsoir !

PIÉGOIS.

Voilà que voUs allez dire des enfantillages après avoir essayé de m'eutortiller... Eh bien! mou cher, ce n'est pas comme ça qu'il faut agir àVec moi. Avec moi, il faUt y aller carrément,

388 MONSIEUR PIÉGOIS

Toeil dans Toeil, et me dire : « Piégois, j'ai besoin d'argent! Si vous ne venez pas à mon secours, je saute! Tirez-moi de là... » (Allant à lui.) Regardez-moi bien. Si vous parlez ainsi, je vous sauve ! Sinon, adieu !

JANTEL, les jambes molles, et s'essuyant le front, puis avec angoisse

et le regardant.

Piégois... j'ai besoin d'argent.

PIÉGOIS.

A la bonne heure!

JANTEL.

Et j'en ai besoin tout de suite... Je vous donnerai les meilleures garanties possibles. Vous me demanderez les conditions que vous voudrez !

PIÉGOIS.

Je n'abuserai pas de la situation et je ne vous mettrai pas le couteau sur la gorge... (Reprenant le

ton courtois et presque respectueux du début de la scène.)

Monsieur Jantel, vous avez eu raison de vous adresser à moi. Nous allons partir pour Paris ce soir même, tous les deux, examiner votre situation ensemble de très près. Elle ne doit pas être désespérée : un homme n'est jamais perdu dans les anaires quand il a une réputation d'honorabilité comme la vôtre. Je crois pouvoir vous affirmer que je vous sauverai. J'en ai les moyens... Comme garantie, je vous demanderai votre signature, naturellement. Du moment que j'ai la certitude de vous sauver, elle me suffit... Je ne vous dirai pas qu'en agissant ainsi je n'ai pas d'arrièrepensée. Si, j'en ai une! Et, plus tard, quand votre situation sera devenue ce qu'elle était auparavant, je vous la dirai... Aujourd'hui, ce

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