SCENE X
PIÉGOIS, emma; LEBRASIER.
EMMA
J'ai été ridicule, naturellement! Et ce sera toujours la même chose quand je me trouverai au milieu de ces gens-là!...
PIÉGOIS.
Tu n'as pas été ridicule du tout, n'est-ce pas, Lebrasier ?
LEBRASIER.
Mais pas du tout.
PIÉGOIS.
Ces dames savent parfaitement que tu n'as pas
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encore l'usage de leur monde et certaines manières que tu finiras par acquérir.
Mais non, je ne les acquerrai jamais. Il faut avoir été élevé là dedans 1 Toi, parbleu! ça t'est égal que j'aie Tair gourde. Tu es à ton aise, tu sais parler, tu es instruit, tu as le beau rôle... Tiens ! jamais la distance qu'il y a entre nous deux ne m'a paru aussi grande que depuis que je dois être ta femme. Et si tu crois que je m^exposerai à ça encore une fois et que j'irai à ce dîner!
PIÉGOIS.
Ce serait absurde de ne pas y aller.
EMMA
Jamais de la vie, par exemple ! Je serais fraîche avec les deux jeunes filles. <. Je crois qu'elles s'en payeraient un peu, ces deux gosses, hein, Lebrasier? et comme je les comprendrais, d'ailleurs!
PiÊGOlS.
Voyons, est-ce que madame Jantel et madame Audry n'oût pas été tfès côi*diales avec toi, et très bonnes filles?
EMMA
Très bonnes filles, mais pas de la même façon
3ue moi. Il y a des nuances, et des coups d'œil... es coups d œil surtout...
PIÉGOIS.
Qu'est-ce que ça veut dire?
EMMA
Ça veut dire que tu aimes encore cette femme et que tu m'épouses de rage, parce qu'elle ne veut as de toi. Et tu ne m'as présentée à elle que pour a narguer et pour la rendre jalouse !