ACTE III, SCÈNE X
PIÉGOIS.
Tti te trompes et tu es injuste, car ce n'est pas moi qui ai eu l'idée de vous présenter. C'est elle..* oui, c'est elle qui a désiré te connaître*.* et moi, je m'y suis d'abord opposé de toutes mes forces...
EMMA
Tu l'as donc vue? Quand Tas-tu vue?
PIÉGOIS.
Mais... un peu avant que tu n'entres.
EMMA
Tu as causé seul avec elle?
PIÉGOIS.
Quelques instants.
EMMA
Alors, c'est encore plus triste pour moi, car si elle a voulu me connaître, c'est qu'aujourd'hui elle t'aime... Et comme tu l'aimes aussi, et qu'elle est libre, aucune puissance humaine ne vous empêchera de vous réunir, et surtout pas moi, pauvre fille!...
Madame Audry et moi ne serons jamais que des amis ou des camarades. Crois-le, ou ne le crois pas, ça m'est égal! Fais toutes les supposi* tions que tu voudras, je n'y puis rien...
EMMA
Des amis ou des camarades, vous deux ! Tu me crois donc bien naïve!... Entre vous deux, veux-tu que je te dise? il n'y a plus qu'un obstacle, c'est moi ! Tu ne t'en rends peut-être pas compte toimême, mais tu ne m'épousais que pour te faire aimer de cette femme... Puisque ça y est maintenant, tu n'as plus besoin de moi...
440 MONSIEUR PIÉGOIS
PIÉGOIS.
Arrêtons-nous, veux-tu? Nous finirions par nous dire des choses blessantes..* J'ai deux ou trois personnes à voir. Attends-moi ici, je te retrouve.
(Il sort.)