‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 4 sur 272 · SCENE III LA BAUDIÈRE, MADAME DE LA BAUDIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE III LA BAUDIÈRE, MADAME DE LA BAUDIÈRE

LA BAUDIÈRE.

Me voici, chère amie, me voici.

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Tu es réveillé?

^4 LA CIIATET.AINE

A peu p^*^§:.: Elq tout cas, j^ ^e çlprs plus, d'pn Pfpfqpc} sommeil; ^

MÂDAMB DE LA BAUPIÈRE.

Enfin ! Es-tu en état de comprendre ce que ron te dit?

Parfaitement. Je t'^cq^te.

(Il prend un fRuieuil.)

MADAME PE l-A BAppi^lIiÇ.

Ne t'assieds pas. Tp vie|^s f}e dormir, il faut rester debout.

LA BAUDIÈRB.

Bon ! bon !

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Monsieur de Méray sera ici dans quelques instants. Il te demandera la main de Lvioianna.

LA BAUDIÈRE.

Mais comment donc ! je la lui accorderai avec plaisir... Un garçon charmant, d'un avenir assuré !

l^ADAifE DE LA l^iVUDIÈRE.

Ça n'est pas ça... Tu lui refuseras la niain de Lucienne.

. LA BAUDIÈRE.

Allons donc!... Pourquoi?...

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Parçp qup je ne veux pa§ pouf ta (iH? d'un mariage banal, quelconque, inutile!

LA ^AUDjÈRE.

Qu*entends-t^ p^-r jj^iitije?

I4^i:)41(ÏE pE LA BAUpjÈI^Ç.

Suppose qu'on apprenne demiain, ^ ^ngers,

ACT^ I, ^çèiï^E m i^

le mariage de Lucienne avec Charles de Méray, quest-^e qu'qiidw?

LA BAUDIÈRB.

On disa...

MADAME DE LA ^AtfÇj^ÈjRB.

On ne dira rien, parce qu'il n'y ^ rien à dire. Méray est n'importe q^i, c'es| le premier avocat venu... Tous les jeunes avQcp,|s d'^pgers |ui ressemblent. On peut l'épouser ou ne pas l'épouser, cela ne tire pas à conséauence. Or, Lucienne aura une des plus belles dots du pays, elle est très jolie, très biei^ éleyée- pe mariage ne me suffit pj^s, j'pn Yfiïix un éqlatant, qui soi|; la consécration et la preuve de fpa situation h Angers.

LA BAUDIÈRE.

Pourtant, si par hasard Lucienne et le jeune homme s'aimaient?

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Us ne s'aiment pas.

LA BAUDIÈRE.

Tu en es sûre?

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Très sûre.

l.\ gAUDIÈRK-

Je crois qu'on peut hésiter tout de môme, avant de dire non?

Il ne faut jain^is Jiésiter (J^ns }p. vie. Moi, je n'ai jamais hésité. A l'âge de Lucienne, j'étais déjà comme ça, râppelle-toi.

LA BAUDIÈRE.

Je me rappelle pqffai^einpi^l.

16 LA CHATELAINE

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Toi, c'est le contraire, tu hésites à propos de tout; tu réfléchis, tu pèses le pour et le contre. Avec ce système-là, on ne fait rien, ou on fait des sottises... Souviens-toi que tu n'étais même pas décidé à m'épouser.

LA BAUDIÈRE.

C'est vrai.... J'hésitais.

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Si tu crois que je l'ai oublié!

LA BAUDIÈRE.

Et quel est l'époux que tu destines à Lucienne, sans indiscrétion?

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Notre voisine de campagne, madame de Morènes, la baronne de Morènes a un frère...

LA BAUDIÈRE.

Je sais bien! Jossan... André Jossan...

Tu le connais donc ?

LA BAUDIÈRE.

Mieux que toi qui ne l'as jamais vu. J'ai connu Jossan, il y a dix ans, quand j'allais encore de temps en temps à Paris... A propos de Paris, j'ai reçu une lettre de mon neveu et de Thérèse.

(Il met la main à sa poche.)

MADAME DE LA BAUDIÈRE

Je le sais, je les ai lues. [1 se passe de jolies choses dans ce ménage-là.

LA BAUDIÈRE.

Cette pauvre Thérèse me dit...

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