SCENE III LA BAUDIÈRE, MADAME DE LA BAUDIÈRE
LA BAUDIÈRE.
Me voici, chère amie, me voici.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Tu es réveillé?
^4 LA CIIATET.AINE
A peu p^*^§:.: Elq tout cas, j^ ^e çlprs plus, d'pn Pfpfqpc} sommeil; ^
MÂDAMB DE LA BAUPIÈRE.
Enfin ! Es-tu en état de comprendre ce que ron te dit?
Parfaitement. Je t'^cq^te.
(Il prend un fRuieuil.)
MADAME PE l-A BAppi^lIiÇ.
Ne t'assieds pas. Tp vie|^s f}e dormir, il faut rester debout.
LA BAUDIÈRB.
Bon ! bon !
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Monsieur de Méray sera ici dans quelques instants. Il te demandera la main de Lvioianna.
LA BAUDIÈRE.
Mais comment donc ! je la lui accorderai avec plaisir... Un garçon charmant, d'un avenir assuré !
l^ADAifE DE LA l^iVUDIÈRE.
Ça n'est pas ça... Tu lui refuseras la niain de Lucienne.
. LA BAUDIÈRE.
Allons donc!... Pourquoi?...
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Parçp qup je ne veux pa§ pouf ta (iH? d'un mariage banal, quelconque, inutile!
LA ^AUDjÈRE.
Qu*entends-t^ p^-r jj^iitije?
I4^i:)41(ÏE pE LA BAUpjÈI^Ç.
Suppose qu'on apprenne demiain, ^ ^ngers,
ACT^ I, ^çèiï^E m i^
le mariage de Lucienne avec Charles de Méray, quest-^e qu'qiidw?
LA BAUDIÈRB.
On disa...
MADAME DE LA ^AtfÇj^ÈjRB.
On ne dira rien, parce qu'il n'y ^ rien à dire. Méray est n'importe q^i, c'es| le premier avocat venu... Tous les jeunes avQcp,|s d'^pgers |ui ressemblent. On peut l'épouser ou ne pas l'épouser, cela ne tire pas à conséauence. Or, Lucienne aura une des plus belles dots du pays, elle est très jolie, très biei^ éleyée- pe mariage ne me suffit pj^s, j'pn Yfiïix un éqlatant, qui soi|; la consécration et la preuve de fpa situation h Angers.
LA BAUDIÈRE.
Pourtant, si par hasard Lucienne et le jeune homme s'aimaient?
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Us ne s'aiment pas.
LA BAUDIÈRE.
Tu en es sûre?
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Très sûre.
l.\ gAUDIÈRK-
Je crois qu'on peut hésiter tout de môme, avant de dire non?
Il ne faut jain^is Jiésiter (J^ns }p. vie. Moi, je n'ai jamais hésité. A l'âge de Lucienne, j'étais déjà comme ça, râppelle-toi.
LA BAUDIÈRE.
Je me rappelle pqffai^einpi^l.
16 LA CHATELAINE
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Toi, c'est le contraire, tu hésites à propos de tout; tu réfléchis, tu pèses le pour et le contre. Avec ce système-là, on ne fait rien, ou on fait des sottises... Souviens-toi que tu n'étais même pas décidé à m'épouser.
LA BAUDIÈRE.
C'est vrai.... J'hésitais.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Si tu crois que je l'ai oublié!
LA BAUDIÈRE.
Et quel est l'époux que tu destines à Lucienne, sans indiscrétion?
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Notre voisine de campagne, madame de Morènes, la baronne de Morènes a un frère...
LA BAUDIÈRE.
Je sais bien! Jossan... André Jossan...
Tu le connais donc ?
LA BAUDIÈRE.
Mieux que toi qui ne l'as jamais vu. J'ai connu Jossan, il y a dix ans, quand j'allais encore de temps en temps à Paris... A propos de Paris, j'ai reçu une lettre de mon neveu et de Thérèse.
(Il met la main à sa poche.)
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Je le sais, je les ai lues. [1 se passe de jolies choses dans ce ménage-là.
LA BAUDIÈRE.
Cette pauvre Thérèse me dit...