ACTE II, SCÈNE VIII
JOSSAN.
Vous voyez, vous riez déjà!
THÉRÈSE
Oui, vous me rendez du courage par la sympathie que vous me témoignez et que je sens sincère.
JOSSAN.
Elle est très profonde.
THÉRÈSE
Les circonstances où elle s'est produite me la rendent encore plus précieuse. J'étais toute seule, effrayée d'avoir à me débattre au milieu d'une question d'intérêt, redoutant les visages hostiles, les méfiances, les pièges, les sentiments âpres et mesquins qu'éveille Targent. Et il s'agissait vraiment pour moi de toute la vie; je le comprenais, j'en avais le frisson. Eh bien ! par votre délicatesse, par la générosité de votre esprit, vous m'avez épargné toutes ces amertumes... et de toute cette tristesse que je viens de traverser, il ne me reste qu'un souvenir plein de douceur, presque de joie. Je suis votre obligée, monsieur, je le sais, j'en suis sûre..^ Mais non seulement je ne me sens pas humiliée ni honteuse, mais je vous remercie du fond du cœur.
(Elle lui tend la main.)
JOSSAN.
Je suis très content... Parce qu'avec tout ça, nous allons être de grands amis, voulez- vous?
THERESE
Oui, monsieur, oui ... de grands . . . grands amis...
(Entre madame de La Baudière.J
8^ LA CHATELAI^P