‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 48 sur 272 · ACTE II, SCÊNk XIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÊNk XIII

êtes très bon, ce sont lés circonstances où nous nous sotïitnes rencontrés, surtout, qui vous ont touché.

JOSSAN.

Non^ noh, ce qiie je pt*ends pôUî' Tamourj c'est bien l'amout*! Et é'est lorsqu'il vient ainsi tout d'iiti cdiip (iU'il est lie plus fort. Est-ce qu'il n'arrive pas que deux êtres se rencontrent dans uti paysage gracieux, d'une façon imprévue?... Ils se regardent, l'émotion vient et les voilà anlants. Nous, ce n'est pas dans un lieu pittoresque àuè nous nous sommés l'enciontrés, taôis dans la Waiité de la vie qui a aussi sa grandeur. C'eât elle et ttbn l'illusion ou le mensonge qui â créé hiôn ainout*, et elle l'a créé ardent et durable, je vous le jure!

THÉRÈSE

Oh! je. suis horriblement troublée. Eloignezvous..* éloignez-Vons..i Laissez-moi. Ne me demandez jamais que ce que peut donner l'amitié la plus dévouée, la plus tendre. *.

JOSSAN.

Ce que peuvent donner le dévouement et

Tamitié, Talnour le donne pàr-dessus le marché.

Ah ! je sens que si vous ne aeviez pas m'aîmer un

jour, nion travail serait désormais sans but, ma

vie isèràil inutile et gâchée!...

THÉRÈSE

La mienne^ à moi, est gâchée depuis longtemps, et elle n*est pas à refaire.

jossaS*.

Mais, malheureuse, elle est commencée à peine

Euisqu'elle ne vous a encore donné que des déoires et de la tristesse. Maintenant, elle voiis doit de la joie et elle vous paiera largement. La vie est très généreuse quand on a confiance en elle.

92 LA CHATELAINE

THERESE

Il y a entre nous des obstacles insurmontables.

Je suis mariée... (Sur un mouvement d'André.) Oui, je

vais être libre... c'est vrai... Mais quelle liberté!... Quand je n'aurai plus de mari, j'aurai tout de môme mon enfant, un enfant qui a besoin de moi, de tout moi, et que vous ne pourriez pas aimer.

JOSSAN.

Mais je l'aime déjà!... Nous relèverions très bien, nous en ferions à nous deux quelqu'un qui ne serait pas un imbécile, je vous le promets. Non, non, ne cherchez plus, rien ne peut plus nous séparer que notre démence.

THÉRÈSE

Tout nous sépare, au contraire : votre famille, vos habitudes, que sais-je?... Et tant de considérations que vous savez aussi bien que moi. Et tous les gens que nous froisserions, que nous irriterions autour de nous !

JOSSAN.

Dès que l'on est heureux, il y a toujours des gens que cela indigne. Mais je le sais pourquoi vous refusez, pourquoi vous luttez peut-être contre vous-même! C'est parce que je suis riche et que vous êtes pauvre, et ce n'est pas pour d'autres raisons. Vous avez peur d'être accusée d'intrigue et de duplicité, vous si intelligente et si loyale! Mais, l'important, c'est que nous nous connaissions nous deux, c'est que nous sachions, moi, qui vous êtes, vous qui je suis. Le reste n'existe pas. Eh bien! oui, je suis riche et si je ne Tavais pas été, nous n'aurions probablement jamais échangé deux paroles, jamais je ne vous aurais rencontrée, jamais je ne vous aurais aimée.

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