ACTE IV, SCÈNE HI
autant lui épargner la moitié du chemin. Maintenant, voici comment nous allons opérer. Vous êtes censé ne rien savoir, n'est-ce pas?...
LA BAUDIÈRE.
Rien du tout.
JOSSAN.
Eh bien ! Vous nous présenterez Tun à Tautre cet après-midi, à la première occasion, aussi naturellement que vous l'auriez fait si nous nous étions rencontrés chez vous, par hasard. Il sait que je suis ici, il ne s'éloignera pas. Nous verrons bien ce qui arrivera.
C'est peut-être, en effet, ce qu'il y a de mieux. Faisons-nous notre partie de billard en attendant?...
JOSSAN.
Tout à l'heure. J'ai rendez- vous avec Thérèse. Elle va venir embrasser son enfant. Elle sera très calme, je lui ai fait la leçon.
LA BAUDIÈRE.
Moi, je vais profiter de cette histoire qui me donne barre sur ma femme pour marier Lucienne avec notre jeune avocat, et avec une autorité et une énergie dont la pensée m'amuse d'avance.
JOSSAN.
Vous me raconterez ça?
LA BAUDIÈRE.
Nous en rirons ensemble. (La porte s'ouvre.) Ah! Voici précisément madame de La Baudière.
JOSSAN.
Bonne chance. (A madame de La Baudière qui est entrée.)
Votre santé est bonne, chère madame?
I34r LA CHATELAINE
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Elle n'a jamais été meilleure, monsieur, je vous remercie,
JOSSAN, en sortant.
Vous m'attendez La Baudière?
LA BAUDIÈRE.
Oui, mon bon ami.
(Sort Jo9it»n.)