‹ Théâtre completChapitre 101 sur 592 · Voir Iphir/ériie, note du vers · texte numérisé non relu

Voir Iphir/ériie, note du vers

10. c( L'ailjcclif prend ici, par une hardiesse poélique. la force de l'adverbe, de sorte qu'on peut faire taire les scrupules de la grammaire, qui défend que la mort, prise absolument, reçoive une épitliètc. » (.M. Gkruzez.)

ACTF; II, SCENE V. 7 a

Tandis qu'âmes périls Atalide sensible ',

Et trop digne du sang qui lui donna le jour,

Veut me sacrifier jusques à son amour ?

Ah! qu'au jaloux Sultan ma tète soit portée, 72o

Puisqu'il faut à ce prix qu'elle soit rachetée.

ATALJDE.

Seigneur, vous pourries vivre, et ne me point trahir-.

Parlez. Si je le puis, je suis prêt d'obéir.

ATALIDE

La Sultane vous aime; et, malgré sa colère.

Si vous preniez, Seigneur, plus de soin de lui plaire, 730

Si vos soupirs daignaient lui faire pressentir

Qu'un jour...

BA.TAZET.

Je vous entends : je n'y puis consentir. Ne vous figurez point que, dans cette journée, D'un lâche désespoir ma vertu consternée^ Craigne les soins* d'un trône où je pourrais monter, 735 Et par un prompt trépas cherche à les éviter. J'écoule trop peut-être une imprudente audace; Mais sans cesse occupé * des grands noms de ma race. J'espérais que, fuyant un indigue repos, Je prendrais quelque place entre tant de héros. 740

Mais quelque ambition, quelque amour qui me brûle, Je ne puis plus tromper une amante crédule. En vain, pour me sauver, je vous l'aurais promis : Et ma bouche et mes yeux, du mensonge ennemis. Peut-être dans le temps que je voudrais lui plaire, 74.ï

Feraient par leur désordre ^ un effet tout contraire; Et de mes froids soupirs ses regards offensés

1. Etre sensible à, c'est : se laisser touclier par. eomine dans la Thébaïde (11, m) :

Aux larmes de sa mère il a paru sensible.

2. C'est, on le devine, .\talide qui avait amené Bajazet à feindre de l'amour pour Roxane ; elle veut lui persuader de continuer comme il a commencé; Bajazet refuse ; arrivé au miimejit décisif, comme Cinna, il recule. Sa fierté répusrne à la feinte; et sa franchise blessera successivement Roxane et Atalide ellemcme, qui lui aura inilii]ué le moyen de vivre sans la trahir, et qui verra que Bajazet a préféré mourir en la trahissant.

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