ACTE II, SCÈNE V
0 ciel! que faites-vous?
ATALIDE
Cruel ! pouvez-vous croire Que je sois moins que vous jalouse de ma gloire *? 770
Pensez-vous que cent fois en vous faisant parler* Ma rougeur ne fut pas proie à me déceler ^7 Mai.s on me présentait votre porte prochaine *. Pourquoi faut-il, ingrat, quand la mienne est certaine, Que vous n'osiez pour moi ce que j'osais pour vous? 773 Peut-être il suffira d'un mot un peu plus doux; Roxane dans son cœur peut-ôlre vous pardonne. Vous-même, vous voyez le temps qu'elle vous donne. A-t-elle, en vous quittant, fait sortir le Visir * ? Des gardes à mes yeux viennent ils vous saisir^? 780
Enfln, dans sa fureur implorant mon adresse, Ses pleurs ne m'ont-ils pas découvert '^ sa tendresse? Peut-être elle n'attend qu'un espoir incertain Qui lui fasse tomber les armes de la main. Allez, Seigneur : sauvez votre vie et la mienne ». 785
OEnone auprès de Phèdre. Cet expédient, qui n'a rien de vicieux en lui-même, se rencontre trop souvent dans les tragédies de Racine. » (LuNiiAO db Boisjkumain.) Le pauvre Buj.izet est bien m ilheurcux, il faut en ronveiiir; au vois 357, Roxane menaç.iit de mourir après lui ; et voiri qu'Atalide menace de mourir devant lui. La' .situation est eruelle; mais il semble quo B:uazet ne mérite pas qu'on versi' tant de sang pour sa personne. 11 est vrai qu au sérail on n'a pas l'embarr.is du rhoix.
t. Moins que vous ne l'êtes de la vôtre. — Pour jaloux, voir Athalic, note du vers 08.