‹ Théâtre completChapitre 108 sur 592 · ACTE III, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I

Si Bajazet l'épouse, il suit mes volontés ;

Respectez ma verlu qui vous a surmoiilés; 820

A ses nobles conseils ne mêlez point le votre ;

Et, loin de me le peindre entre les l)ras d'une autre,

Laissez-moi sans regret me le représenter

Au trône, où mon amour l'a forcé de mouler *.

Oui, je me reconnais, je snis toujours la même. 825

Je voulais qu'il m'aimât, chère Zaïre, il m'aime *;

Et du moins cet espoir me console aujourd'hui,

Que je vais mourir digne et contente de lui '.

ZAÏRE

Mourir! Quoi? vous auriez un dessein si funeste *?

J'ai cédé mon amant: tu t'étonnes du reste! 830

Peux-tu compter, Zaïre, au nombre des malheurs

Une mort qui prévient et finit tant de pleurs^?

Qu'il vive, c'est assez ®. Je l'ai voulu sans doute.

Et je le veux toujours, quelque prix qu'il m'en coûte.

Je n'examine point ma joie ou mon ennui'' : 835

J'aime assez mon amant pour renoncer à lui.

Mais, hélas ! il peut bien penser avecjustice *

Que si j'ai pu lui faire un si grand sacrifice,

Ce cœur, qui de ses jours prend ce funeste soin ',

L'aime trop pjur vouloir en être le témoin^". 840

Allons, je veux savoir...

ZAÏRE

Modérez-vous, de grâce.

1. Tout ce morceau semble ralqué sur le monologue qui ouvre Cinna.

2. Quel |)l;usir on é[iiou\e à rc(iou\er le langage de Racine, celui du cœur; après le l:tng:ige île Corneille, relui de l'esprit!

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