ACTE III, SCÈNE IV
Que vois-je? Qu'avez-vous? Vous pleurez* I
ATALIDE
Non, Seigneur; 9oa Je ne murmure point contre votre bonheur^: Le ciel, le juste ciel vous devait ce miracle. Vous savez si jamais j'y formai quelque obstacle. Tant que j'ai respiré', vos yeux nie sont témoins Que votre seul péril occupait tous mes soins * ; 960
Et puisqu'il ne pouvait finir qu'avec ma vie. C'est sans regret aussi que je la sacrifie. 11 est vrai, si le ciel eût écouté mes vœux. Qu'il pouvait m'accorder un trépas plus heureux ^. Vous n'en auriez pas moins épousé ma rivale : 965
Vous pouviez l'assurer de la foi conjugale®. Mais vous n'auriez pas joint à ce titre d'époux Tous ces gages d'amour qu'elle a reçus de vous. Roxane s'estimait assez récompensée.
Et j'aurais, en mourant, cette douce pensée 970
Que vous ayant moi- môme imposé cette loi, Je vous ai vers Roxane envoyé plein de moi; Qu'emportant chez les morts toute votre tendresse, Ce n'est point un amant en vous que je lui laisse''.
Que parlez-vous. Madame, et d'époux et d'amant? 975
0 ciel ! de ce discours quel est le fondement? Qui peut vous avoir fait ce récit infidèle? Moi, j'aimerais Roxane, ou je vivrais pour elle,
1. On sait l'ailmirable parti qu'a tiré de re mot Voltaire dans la plus touchante et la plus faiblonieut écrite des tragédies :
Z l'irL', vous pleurez !