‹ Théâtre completChapitre 147 sur 592 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

Madame, il vous demande avec impatience. 1103

Mais j'ai cru vous devoir avertir par avance * Et, souhaitant surtout qu'il ne vous surprît pas -, Dans votre appartement j'ai retenu ses pas.

Quel malheur imprévu vient encor me confondre^ ?

Quel peut être cet ordre*? et que puis-je répondre ? HIO

Il n'en faut point douter, le Sultan inquiet

Une seconde fois condamne Bajazet.

On ne peut sur ses jours sans moi rien entreprendre :

Tout m'ohéit ici. Mais dois-je le défendre ^ ?

Quel est mon empereur ? Bajazet ? Amurat ? t H5

J'ai trahi l'un ; mais l'autre est peut-être un ingrat^.

Le temps presse. Que faire en ce doute funeste^?

Allons : employons bien le moment qui nous reste.

Ils ont beau se cacher ^. L'amour le plus discret

Laisse par quelque marque échapper son secret ^. H20

Observons Bajazet; étonnons Atalide '*' ;

Et couronnons l'amant ", ou perdons le perfide.

homme, ou plutôt quel monstre était-ce ! Il avait le visage reluisant de noirceur, les cheveux raccourcis et mêlés comme la laine de nos moutons quand il n'y a qu'un mois ou deux qu'on les a tondus, la barbe à petits bouquets clairement épanchée autour du menton, lo nez aplati entre les yeux, et rehaussé et large par le bout, la bouche grosse, les lèvres renversées et presque fendues sous le nez ; mais rien n'était si étrange que ses yeux : car en tout le visage il n'y paraissait rien de blanc, que ce qu'il en découvrait, quand il les roulait dans la tète. »

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