‹ Théâtre completChapitre 175 sur 592 · Souvenir éloigné de Virgile {Enéide, IV · texte numérisé non relu

Souvenir éloigné de Virgile {Enéide, IV

Eîregiam laiidem et spolia ampla leferlis, Tuquc, piierque tiius.

3. Vainou, pris il l'avance. Quelques éditeurs ont cité ici plusieurs vers cm- Iiruiités aux Héroïdcs d'Ovide (U, 63-6G) :

Fallfie on'deiilem non e=l operoira puollam

Gltti ia ! liiiiHilit'ilas di;^na favore fuit, Siim deC'^pta tuis et amans et femina vei'bis:

Di faciant laudis sumina sit ista tus.

V,ir. — Tu n'as pas eu besoin de tout ton artifice. Et (je veux bien te faire cncor cette justice) Toi-même, je m'assure, as rougi plus d'un jour Du peu qui! t'en coûtait pour tromper tant d'amour. [Moi, qui, do ce haut rang qui me rendait si fière] ri. Exemple de la figure appelée unacohUhe ; le poète commence une plirase avec moi qui pour sujet, oublie ce sujet, et continue sa phrase avec un autre. Pour e.rtrtmf, voir l'h'dre, note du vers 717.

6. -Alfred de Musset dit que Mademoiselle lîachel trouvait dans ce vers un de. ses plus gi ands effits de sensibilité. — On peut rapprocher de ce morceau les res proches de Ruxauc à Bajazct dans la Floridon de Segrais (7:2-75) : « Tu aimée mieux mourir, reprenait-elle, voyant qu'il ne lui répondait encore rien, que vivr^ sans en a!m:'r une autre que moi. » Et en même temps elle lui montrait l'cn^ droit do la lettre où Floridon avait écrit ces paroles : « Va, je ne te veux poin ])arler des biens que je t'ai faits : ton mérite pourrait peut-être les obtenir de toute autre que de moi. Je ne te dis plus que je t'ai laissé vivre contre tous les ijitércts de mon snng: ta beauté pourrait fléchir une âme barbare ; mais, cruel, t'ai-je dénié la moindre partie de mes alTections ? Me pouvant faire aimer de qui j'eusse voulu, je n'ai choisi que toi ; et mon cœur qui pouvait être le but des plus ambitieux de tout lEmpiie ne t'a pas coûté un seul soupir ! Je ne crains point que tu me reproches h- tort que je me suis fait, de commencer la première à t'aimcr ; je prétends que lu m'en es obligé. J'ai élevé ton cœur jusques à moi, qui n'eût osé en concevoir seulement la pensée ; et, pour l'obliger à plus de reconnaissance, je t'ai donné libéralement et sans peine ce que toute ta vie employée à me servir ne te pouvait faire mériter. Malheureuse que je suis d'avoir borné tous mes désirs à plaire à qui me trouve l'objet du monde le plus déplaisant ; d'avoir donné toutes mes pensées à celui qui me parle etne me voit qu'avec contrainte, et d'avoir enfin si malheureusement mis toute mon amitié que j'en ai fait possesseur un Prince, qui est devenu le plus grand de mes ennemis, qui me hait plus que la mort, et qui ne me traiie de la sorte que parce que je l'aime plus que ma vie. »

Mais dans quel souvenir me laissé-je égarer?

Tu pleures, malheureuse ? Ah ! tu devais plourer ^

Lorsque, d'un vain désir à ta perte poussée, 1310

Tu conçues de le voir la première pensée*.

Tu pleures? et l'ingrat, tout prêt à te trahir,

Prépare les discours dont il veut t'éblouir-.

Pour plaire à ta rivale, il prend soin de sa vie '.

Ah ! traître, tu mourras K Quoi ? tu n'es point partie ^ ? 1315

Va. Mais nous- même, allons, précipitons nos pas'.

Qu'il me voie, attentive au soin de son trépas.

Lui montrer à la fois, et l'ordre de son frère,

Et de sa trahison ce gage trop sincère \

Toi, Zafime, retiens ma rivale en ces lieux*. 13^0

Qu'il n'ait en expirant que ses cris pour adieux «.

Qu'elle soit cependant fidèlement servie.

Prends soin d'elle : ma haine a besoin de sa vie ".

Ah ! si, pour son amant facile à s'attendrir,

La peur de son trépas la fit presque mourir, 1321)

Qael surcroît de vengeance et de douceur nouvelle "

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