‹ Théâtre completChapitre 180 sur 592 · Par les obstacles · texte numérisé non relu

Par les obstacles

H. Remarquez la brièveté énergique des réponses de Roxane; l'arrivée d'Anomat la gène; elle ne songe qu'à l'écarter pour être tout entière à sa > en séance.

ACOilAT,

Lui !

Pour moi, pour vous-môme, également perfide,

II nous trompait tous deux.

ACOMAT

Comment?

Celte Atalide, Qui même n'était pas un assez digne prix De tout ce que pour lui vous avez entrepris '...

ACOMAT

Hé bien ?

ROXANE

Lisez ^ Jugez, après son insolence, 13aO

Si nous devons d'un traître embrasser la dérense. Obéissons plutôt à la juste rigueur D'Amurat qui s'approche et retourne'' vainqueur; Et, livrant sans regret un indigne complice, Apaisons le Sultan par un prompt sacrifice. iZ'àli

ACOMAT, lui rendant le billet.

Oui, puisque jusque-là l'ingrat m'ose outrager*, Moi-même, s'il le faut, je m'offre à vous venger ■", Madame. Laissez-moi nous laver l'un et l'autre Du crime que sa vie a jeté sur la nôtre ^.

1. Roxane cherche à engager le visir dans son ressentiment ; aussi lui fait-elle ressortir toute la gravité des torts de Bajazet envers lui.

2. Décidément Racine abuse du billet. Roxano n'a pas la patience d'attendre qu'Acomat ait lu la lettre ; elle éclate en reproches tan<lis que le visir est occupé à cette lecture ; et ce qui le prouve, c'est l'indication même du jeu de scène faite par le poète : c'est seulement après le couplet de Roxane qu'Acomat lui rend le billet. Grâce à cet emportement de la sultane, le visir a le temps de réfléchir, et de prendre un parti.

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