‹ Théâtre completChapitre 184 sur 592 · Voir Andromaque (IV, iv · texte numérisé non relu

Voir Andromaque (IV, iv

Ma vengi'ance est perdue, S'il ignore en mourant que c'est moi qui le lue.

Il a été dit, par une comparaison triviale, mais juste, que la vengeance devait se mander froide, comme le veau.

4. Acomat s'en gardera bien. — Athalie dira de même à M.itlian (II, vi) :

Vou5 cependant alIeT, et, sans jeter d'alarme», A tous nies Tyriens faites prendre les arnifs.

5. 11 Si Roxane peut penser que la morf de Baj.izet va adoucir le sultan, si Acomat est décidé à sauver B:ijazet, ce visir n'aurait pas du laisser sortir la sultane, et perdre, à raisonner avec son confident, un temps qu'elle peut employer à se venger; il semble qu'Acomat se da un peu trop légèrement sur l'amour que Roxane a pour Bajazet. » (Lonbau de Boisjbiimaipi.)

C. Cette srène va mettre le dernier coup de crayon au portrait de cet babile politique mêlé malgré lui à des intrigues qui l'avilissent et qui le dégradent. 7. C'est avec l'ironie la plus méprisante que ces mots doivent être prononcés.

L'imprudent Bajazet n'eût oITensé que moi !

Et pourquoi donc, Seigneur, au lieu de le défendre...

ACOMAT

Et la Sultane est-elle en état de m'entendrc ' ? 1375

Ne voyais-tu pas bien, quand je l'allais trouver,

Que j'allais avec lui me perdre ou me sauver^?

Ah ! de tant de conseils événement sinistre ^ !

Prince aveugle ! ou plutôt trop aveugle ministre !

Il le sied bien d'avoir en de si jeunes mains, 1380

Chargé d'ans et d'honneurs, confié les desseins *,

Et laissé d'un Visir la fortune flottante

Suivre de ces amants la conduite imprudente.

OSMIN

Hé ! laissez-les entre eux exercer leur courroux.

Bajazet veut périr ^ ; Seigneur, songez à vous. 1385

Qui peut de vos desseins révéler le mystère,

Sinon quelques amis engagés à se taire?

Vous verrez par sa mort le Sultan adouci.

ACOMAT

Roxane en sa fureur peut raisonner ainsi.

Mais moi, qui vois plus loin, qui par un long usage 1390

Des maximes du trône ai fait l'apprentissage*;

Qui d'emplois en emplois vieilli sous trois Sultans,

Ai vu de mes pareils les malheurs éclatants.

Je sais, sans me flatter, que de sa seule audace

1 . -Toutes res explications sont nécessaires ; jamais la conduite et Icx sentiments des personnages ne sont trop clairement expliqués.

2. Ces vers, obscurs d'ailleurs, semblent signifier qu'Acomat était déjà instruit du courroux de Roxane, lorsqu'il l'est venu trouver. Dans le [iremier vers V est pour la, et désigne Roxane ; dans le second, lui représente Bajazet ; enfin, allais n'est pas pris avec le même sens dans ces deux vers, fort embrouillés.

3. Pour conseils, \oir Athalie, note du vers 862. — Evénement a ici le sens de succès, issue, comme au vers 223. — Sinistre vient du latin S!»i«<eï'; dans le vieux français on disait (voir le second vers du récit de la mort d'Etéocle et de Pol\nice dans VAntigone de Robert Garnier, que nous donnons dans l'Appendice de la Thébaîde) et l'on trouve encore dans Saint-Simon sénestre au lieu de gauche. Chez les anciens, les présages qui se manifestaient à Rauchc étaient considérés comme funestes ; de là vient le sens que nous avons donné au mot sinistre.

4. Il y a encore un peu d'embarras dans ces deux vers, lorsqu'il s'agit de les expliquer analytiquement.

5. Osmin, qui est dans la question presque aussi désintéressé que le spectateur, nous explique pourquoi nous ne nous pouvons être très émus des malheurs de Bajazet :

Bajazet reut périr, fi. r.unlius disait de même dans Briiannicus (V, v) :

Mais ceux qui d« la cour ont unjplus long usage, etc.

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