‹ Théâtre completChapitre 185 sur 592 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

Un homme tel que moi doit attendre sa grâce, 1395

Et qu'une mort sanglante est l'unique traité Qui reste entre 1 esclave et le maître irrité ^

OSMIN

Fuyez donc.

ACOMAT

J'approuvais tantôt cetle pensée.

Mon entreprise alors était moins avancée. Mais il m'est désormais trop dur de reculer. 1400

Par une belle chute il faut me signaler, Et laisser un débris du moins après ma fuite -, Qui de mes ennemis retarde la poursuite. Bajazet vit encor : pourquoi nous étonner-^ ? Acomat de plus loin a su le ramener*. 1405

Sauvons-le, malgré lui, de ce péril extrême % Pour nous, pour nos amis, pour Roxane elle-même. Tu vois combien son cœur, prêt à le protéger, A retenu mon bras trop prompt à la venger *. Je connais peu l'amour; mais j'ose te répondre 1410

Qu'il n'est pas condamné, puisqu'on veut le confondre'', Que nous avons du temps ^. Malgré son désespoir, Roxane l'aime encor, Osmin, et le va voir '.

OSMIN

Enfin que vous inspire une si noble audace ?

Si Roxane l'ordonne, il faut quitter la place. 1415

Ce palais est tout plein...

1. Ce morceau est d'une rare perfection, et il le fallait pour que cette scène ne parût pas froide après les transports de Roxane.

Page 1