SCÈNE VIII
ATALIDE, ZATIME.
ATALIDE
Hélas ! pour qui mon cœur doit-il faire des vœux' ?
J'ignore quel dessein les anime tous deux.
Si de tant de malheurs quelque pitié te touche,
Je ne demande point, Zatime, que ta bouche
Trahisse en ma faveur Roxane et son secret. 1640
Mais, de grâce, dis-moi ce que fait Bojazet.
L'as-tu vu ? Pour ses jours n'ai-je encor - rien à craindre?
ZATIME.
Madame, en vos malheurs je ne puis que vous plaindre.
ATALIDE
Quoi ? Roxane déjà l'a-t-elle condamné?
ZATIME.
Madame, le secret ^ m'est surtout ordonné. 16-45
ATALIDE
Malheureuse, dis-moi seulement s'il respire.
ZATIME.
Il y va de ma vie, et je ne puis rien dire *.
ATALIDE
Ah! c'en est trop, cruelle. Achève, et quêta main
l,iîi donne de ton zMe un gage plus certain.
Perce toi-même un cœur que ton silence accable, ICoO
1. « Ce vers paraît tout à fait déplaré dans la bouche d'Atalide ; elle ne doit former des \œ\i\ que pour Hajazet, dont elle est aimée. » (Luneao de BoiSJsnMAiN.) Il nous semble que Luneau n'a pas compris le vers de Raf-inc. Alalide se ricmande si elle doit former des vœux pour Roxane ou pour Acomat : tous deux ont été trompés par elle et par Bajazet : peut-être Acomat veut-il, comme la Sultane, se venger.