‹ Théâtre completChapitre 242 sur 592 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

XIPHARÈS

N'en doute point, Arbate.

Pharnace, dès longtemps tout Romain dans le cœur, 25

Attend tout* maintenant de Rome et du vainqueur ^. Et moi, plus que jamais à mon père fidèle. Je conserve aux Romains une haine immortelle. Cependant et ma haine et ses prétentions Sont les moindres sujets de nos divisions. 30

ARBATE.

Et quel autre intérêt contre lui vous anime?

XIPHARÈS

Je m'en vais t'étonner^. Cette belle Monime, Qui du Roi notre père attira tous les vœux. Dont Pharnace, après lui, se déclare amoureux..

ARBATE.

Hé bien, Seigneur?

XIPHARÈS

Je l'aime, et ne veux plus m'en taire, 35 Puisque enfin pour rival je n'ai plus que mon frère. Tu ne t'attendais pas sans doute à ce discours ; Mais ce n'est point, Arbate, un secret de doux jours *. Cet amour s'est longtemps accru dans le silence. Que n'en puis-je à tes yeux marquer la violence, 40

Et mes premiers soupirs, et mes derniers ennuis? Mais en l'état funeste où nous sommes réduits, Ce n'est guère le temps d'occuper ma mémoire A rappeler le cours d'une amoureuse histoire * .

1. Tout Homain, attend tout; c'est là une négligence d'autant plus condamnable que le mot, ainsi répété, est pris chaque fois dans un sensdili'érrnt.

2. Dans la Mort de Mithridate de La Cidprenède (1, i,) Pompée disait à Pharnace qvii s'unissait aux Romains contre sou père :

Si vous porséviirez dans celle voli>iité, Vous cociservM nu bien qu'on tdiu aurail ôlé ; La couronne du Puni vuii^ (lenienru asnu'ée, Avec une aiuitie d'élernelle durée.

3. N'oublions pas que ce mot avait beaucoup de sens au xvii« siècle. — Louis Racine et Luneau de Boisjermain auraient voulu que, pour l'harmonie, le poète écrivit :

Je te Tais étonner.

Page 1