Comme celui de Pliarnace
5. Tous ces vers sont du ton de la haute comédie. « Cette exposition est bien inférieure à celle deBajnzct,et même a ciile des autres pièces de Raciue. On voit un peu trop que le long récit que fait Xipharès de ses amours s'adresse moins 4 Arbate qu'aux spectateurs. » (Loneiu dv. Boisjeiimain.)
MITURIDATE.
Qu'il te suffise donc, pour me justifier, 45
Que je vis, que j'aimai la Reine le premier*;
Que mon père ignorait jusqu'au nom de Monime,
Quand je conçus pour elle un amour légitime ^.
II la vit *. Mais au lieu d'offrir à ses beautés*
Un hymen, et des vœux dignes d'être écoutés, 50
Il crut que, sans prétendre une plus haute gloire °,
Elle lui céderait une indigne victoire ".
Tu sais par quels efforts il tenta sa vertu '',
Et que, lassé d'avoir vainement combattu,
Absent, mais toujours plein de son amour extrême ', 55
Il lui fit par tes mains porter son diadème *.
Juge de mes douleurs, quand des bruits trop certains
M'annoncèrent du Roi l'amour et les desseins;
Quand je sus qu'à son lit'* Monime réservée
1. Cette priorité servira d'excuse à Xipliarès et à Monime. Mithridate a ravi à Xipharès sa maîtresse, comme Philippe II épousera la fiancée de son fils.
2. Ce mot est rejeté ;\ Ta fin du vers, n;)ii point pour la rimo, mais parci. il'i'il renferme tout le sens de la phrase.
3. Hemar((uez la conc:ision énergique de cette phrase; il suffit qu'on voie Monime pour s'en éprendi-e.
4. Voir levtrs 103r). Beautés, au pluriel, est synonyme d'attraits ; ce qui permettra à lioyer de dire dans sa ridicule Judith (II, iv) :
Je ne puis soutenir cet amas de beiutés.
5. Racine emploie souvent le verbe prétendre au sens actif (Voir Dritarimeus, III, lu, etMihridate, 1, ii ; on trouve d'ailleurs de fréquents exemples de cette construction au xvn» siècle :
Je n'ai point prclendii la main d'un empereur.
■.Corneille, Pulchérie, I, v.)
Ces deux Njmphes, Myrlil, à la luis te prétendent.
(MoLiEBB, Mflicerte, I, i.)
6. Nous n'aimons pas beaucoup entendre Xipliarès raconter des clio.'îes semblables; il devrait respecter davantage son père, et Monime raérae ; il devrait avoir la pudeur de ne pas rappeler les offres honteuses dont Monimi.- a été sollicitée. Miiis, outre que tant de délicatesse serait pcxit-ètre déplacée dans le royaume de Pont, un Mithridate suborneur ne choquait pas à la cour de Louis XIV. On peut voir un rurieux tableau des mœurs de cette cour dans l'exposition de la Princesse d'Elide de Molière, et dans celle de la Phèdre de Racine.
7. Il lui avait, selon la traduction d'Amyot, envoyé 15,000 écus.