Par Dia mort
Racinf:, t. III. *^
182 MITURIDATE.
Tout reconnut mon père, et ses heureux vaisseaux
N'eurent plus d'ennemis que les vents et les eaux.
Je voulais faire plus. Je prétendais, Arljate,
Moi-môme à son secours m'avancer vers l'Euphrate. 80
Je fus soudain frappé du bruit de son trépas.
Au milieu de mes pleurs, je ne le cèle pas,
Monime, qu'en tes mains mon père avait laissée,
Avec tous ses attraits revint en ma pensée.
Que dis-je ? en ce malheur je tremblai pour ses jours; 85
Je redoutai du Roi les cruelles amours.
Tu sais combien de fois ses jalouses tendresses
Ont pris soin d'assurer la mort de ses maîtresses ^
Je volai vers Nympliée ; et mes tristes regards -
Rencontrèrent Pharnace au pied de ses remparts*. 90
J'en conçus, je l'avoue, un présage funeste *.
Tu nous reçus tous deux, et tu sais tout le reste.
Pharnace, en ses desseins toujours impétueux,
Ne dissimula point ses vœux présomptueux.
De mon père à la Reine il conta la disgrâce ^, 95
L'assura de sa mort, et s'offrit en sa place.
Comme il le dit, Arbale, il veut l'exécuter.
Mais enfin, à mon tour, je prétends éclater'.
Autant que mon amour respecta la puissance
D'un père, à qui je fus dévoué dès l'enfance \ 100
Autant ce même amour, maintenant révolté,
De ce nouveau rival brave l'autorité.
Ou Monime, à ma flamme elle-même contraire,
Condamnera l'aveu que je prétends* lui faire;