‹ Théâtre completChapitre 250 sur 592 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Ou bien, quelque malheur qu'il en puisse avenir ', 1®5

Ce n'est que par ma mort qu'on la peut obtenir '•*. Voilà tous les secrets que je voulais l'apprendre. C'est à toi de choisir quel parti tu dois prendre, Qui des deux te paraît plus digne de ta foi •', Fj'esclave des Romains, ouïe fils de ton Roi. ilO

Fier de leur amitié, Pharnace croit peut-être Commander dans Nymphée, et me parler en maître. Mais ici mon pouvoir ne connaît point le sien : Le Pont est son partage, et Colchos * est le mien; El l'on sait que toujours la Colchide et ses princes 115

Ont compté ce Bosphore au rang de leurs provinces.

ARBATE.

Commandez-moi, Seigneur. Si j'ai quelque pouvoir,

Mon choix est déjà fait, je ferai" mon devoir.

Avec le même zèle, avec la même audace

Que je servais le père, et gardais cette place 120

Et contre votre frère et môme contre vous,

Après la mort du Roi je vous sers contre tous.

Sans vous, ne sais-je pas que ma mort assurée'

De Pharnace en ces lieux allait suivre l'entrée ?

Sais-je pas '' que mon sang, par ses mains répandu, 125

Eût souillé ce rempart contre lui défendu ?

Assurez-vous du cœur et du choix de la Reine.

Du reste, ou mon crédit n'e-st plus qu'une ombre vaine,

Ou Pharnace, laissant le Bosphore en vos mains,

Ira iouir ailleurs des bontés des Romains. 130

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